Grève en France – Les routiers aux avant-postes contre la loi travail
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Grève en FranceLes routiers aux avant-postes contre la loi travail

Barrages filtrants, blocages de zones logistiques... Les routiers ont inauguré mardi une semaine de grèves reconductibles dans divers secteurs contre le projet de loi travail.

Les routiers protestent.

Les routiers protestent.

AFP/Philippe Huguen

Lancé par les fédérations des transports CGT et FO, le mouvement des routiers touchait de nombreuses régions: le Havre et ses zones portuaire et industrielle étaient paralysés en début de matinée, tout comme le port de Saint-Nazaire ou la raffinerie de Donges, près de Nantes, avec d'énormes feux de pneus. Opération escargot à Rennes, barrage filtrant à Caen, manifestation sur l'autoroute A11 au Mans... Près de Bordeaux, les routiers ont bloqué tour à tour dans la nuit une centrale d'achat et un dépôt de carburant. On notait des barrages filtrants à l'aéroport de Perpignan ou encore à Fos-sur-Mer, où se concentrent de nombreuses entreprises de chimie et pétrochimie.

Sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) sont à l'initiative des deux nouvelles journées d'actions unitaires de mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois, pour contester le texte de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, jugé trop favorable aux entreprises. «Quand on n'est pas entendu, il faut essayer de se faire entendre», a résumé lundi Philippe Martinez, le numéro un de la CGT. À Toulouse, des militants CGT ont «muré» avec des briques en béton cellulaire l'entrée de la permanence parlementaire du député socialiste Christophe Borgel et tapissé les fenêtres de la permanence d'affiches «pour le retrait de la loi travail».

Heures supplémentaires moins payées

Adopté sans vote en première lecture la semaine dernière après un recours à l'article 49-3, le projet de loi instaure la primauté des accords d'entreprise sur les accords de branche en matière de temps de travail, un casus belli pour les syndicats. Chez les routiers, on redoute aussi des baisses drastiques de salaires, le texte prévoyant qu'un accord d'entreprise puisse ramener la majoration des heures supplémentaires à 10% au lieu des 25% généralement pratiqués.

La grogne s'exprimera aussi dans la rue, avec des manifestations dans de nombreuses villes. Plusieurs centaines de personnes étaient déjà rassemblées peu avant 11h pour défiler à Nantes. À Paris, le cortège partira à 14h de la place de l'École militaire (7e arrondissement) en direction de la place Denfert-Rochereau (14e). Il s'agit pour les syndicats de relancer le mouvement, moins suivi la semaine dernière, avec 55 000 manifestants recensés par les autorités, contre 390 000 (1,2 million selon les syndicats) le 31 mars.

(L'essentiel/AFP)

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