Logements typiques – Les Russes rêvent de quitter leur «kommunalka»

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Logements typiquesLes Russes rêvent de quitter leur «kommunalka»

Les logements communautaires sont encore légion à Saint-Pétersbourg. Mais souvent insalubres, ils ne sont plus prisés et les propriétaires veulent s'en débarrasser.

A woman stands in the bathroom of the communal apartment on Detskaya Street in Saint Petersburg on October 23, 2018. - In Saint Petersburg's largest communal apartment, people barely talk to each other. Living conditions here are dismal and most residents dream of leaving the place for good. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)

A woman stands in the bathroom of the communal apartment on Detskaya Street in Saint Petersburg on October 23, 2018. - In Saint Petersburg's largest communal apartment, people barely talk to each other. Living conditions here are dismal and most residents dream of leaving the place for good. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)

AFP/Olga Maltseva

Trente-quatre pièces réparties le long d'un immense couloir de près de 100 mètres et une «kommunalka» dans un état de délabrement avancé: survivance de l'époque soviétique, la vie en appartement communautaire ne fait quasiment plus partie du quotidien des Russes, sauf à Saint-Pétersbourg. Dans le centre de l'ancienne capitale impériale russe, pas très loin du port de commerce, cette kommunalka de la rue Detskaïa est la plus grande de la ville. Elle occupe quasiment tout un étage d'un immeuble construit en 1958.

De l'extérieur, le bâtiment de quatre étages, initialement destiné à héberger un foyer pour médecins, semble en bon état. Les étages supérieurs sont occupés par des appartements tout ce qu'il y a de plus classique. Seul le rez-de-chaussée a été transformé dans les années 1980 en appartement communautaire. Il y a quelques années, une centaine de personnes vivaient encore là. Dmitri, un chauffeur de 47 ans arrivé dans le courant des années 2000, se souvient de la queue qu'il fallait souvent faire pour aller aux toilettes ou prendre une douche. Mais tout a changé il y a sept ans, quand «le logement a été classé en "habitat insalubre"».

83 000 personnes concernées à Saint-Pétersbourg

La municipalité a proposé de reloger ailleurs les locataires et la plupart sont partis. Sauf ceux qui étaient devenus propriétaires de leur chambre. Ceux-là «sont restés sans rien», relève Dmitri d'un ton désolé: «Nous ne pouvons pas vendre nos chambres, il est évident que personne n'a envie de les acheter». Ils sont une douzaine à être coincés dans cette kommunalka. «Aujourd'hui, les kommunalkas sont un logement pour les marginaux, les migrants saisonniers et pour les Pétersbourgeois qui n'ont pas de ressources ni la possibilité de les quitter», confie Dmitri d'un ton amer.

Les logements communautaires sont apparus en Russie après la révolution bolchevique de 1917. Dans les années 1980, près de 40% des appartements du centre étaient communautaires. Mais avec la fin du communisme, nombre d'entre eux ont été rachetés par des Russes aisés et en 2008, Saint-Pétersbourg a mis en place un programme de relogement. Reste que si à Moscou, qui compte 12 millions d'habitants, les kommunalkas n'existent pratiquement plus, à Saint-Pétersbourg elles font encore partie de la vie quotidienne de près de 83 000 personnes sur cinq millions d'habitants.

(L'essentiel/afp)

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