Au Luxembourg – Les sangliers bien trop nombreux au Luxembourg
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Au LuxembourgLes sangliers bien trop nombreux au Luxembourg

LUXEMBOURG - Le Grand-Duché est confronté, comme ses voisins, à une surpopulation de suidés, à l'origine de dégâts dans les prairies et cultures agricoles.

par
Pascal Piatkowski

Des hivers trop doux, des années de fructification importante, un confinement dû à l'épidémie de Covid... Les conditions ont été réunies pour permettre à la population de sangliers de prospérer, ces deux dernières années, au Grand-Duché. «Les grands champs de maïs et de céréales en général permettent non seulement aux suidés de se nourrir mais leur servent aussi d'abris», explique à <i>L'essentiel</i> Richard Frank, secrétaire général de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Luxembourg (FSHCL).

Si au cours de l'année cynégétique 2019/2020 (du 1er avril au 31 mars), 8 767 sangliers ont été abattus, il n'y en a eu que 6 100 l'année suivante, en raison de l'interdiction des battues durant le confinement. Mais la donne pourrait bien avoir changé en 2021/2022, selon Richard Frank: «De nombreux locataires de chasse nous ont indiqué avoir tiré deux à trois fois plus de sangliers que les années précédentes».

«Les sangliers sont devenus des animaux nocturnes»

Les primes d'abattage dans certaines zones (50 euros pour un sanglier de moins de 30 kg, 100 euros pour une bête d'un poids supérieur dans la zone de surveillance le long de la frontière belge) ont été prolongées jusqu'au 30 avril prochain et motivent les chasseurs à abattre le plus possible de sangliers, pour «réduire le risque d'une propagation de la peste porcine africaine et limiter les dégâts causés par les animaux». Reste qu'entre le 1er mars et le 15 avril prochain (période de quiétude pour la faune dans les forêts), la chasse sera uniquement autorisée dans les plaines, ce qui rendra son efficacité plus aléatoire.

Alors qu'ils se disent satisfaits de la prolongation des primes d'abattage, les quelque 2 200 chasseurs du Grand-Duché souhaitent voir évoluer les temps de chasse, compris aujourd'hui entre une heure avant le lever du soleil jusqu'à une heure après son coucher. «C'est problématique car dans nos régions, les sangliers sont devenus des animaux nocturnes», argumente Richard Frank. Ils réclament également au ministère de l'Environnement un dédommagement de 8 euros par hectare (au lieu des 4 euros qui leur ont été accordés), pour compenser les dégâts commis par les suidés, qui restent à la charge du locataire du lot de chasse.

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