Santé publique: Les seins et les soutiens-gorges peuvent tuer
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Santé publiqueLes seins et les soutiens-gorges peuvent tuer

Les femmes ont moins de chance de survivre à une crise cardiaque, parce que les personnes qui pourraient les réanimer n'osent pas toucher leur poitrine. Une infirmière néerlandaise a trouvé la solution.

par
Nina Seddik
En cas de crise cardiaque, les femmes ont moins de chance de survie que les hommes.

En cas de crise cardiaque, les femmes ont moins de chance de survie que les hommes.

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«Désormais, nous allons nous entraîner «avec des seins», explique Marjolijn Rodenburg, dans un post publié sur LinkedIn en mars dernier. De cette façon, nous encourageons le dialogue, éliminons les barrières et espérons surmonter les hésitations. Tout cela pour améliorer le taux de réanimation chez les femmes.»

Infirmière en soins intensifs, la Néerlandaise dispense depuis peu ses cours de réanimation sur un mannequin équipé d’une poitrine ovible.

Ne pas se gêner

Pourquoi s’entraîner sur un tel modèle? «Avec les femmes, il suffit de mettre les mains au même endroit qu’avec les hommes quand on commence la RCP (ndlr: réanimation cardiopulmonaire), sauf que c’est entre les seins, répond Marjolijn Rodenburg dans une interview accordée au quotidien néerlandais BN DeStem. Pour de nombreuses personnes, il s’agit d’une barrière, en raison de l’intimité. Il s’avère que beaucoup n’osent tout simplement pas et s’abstiennent donc de réanimer».

Marjolijn Rodenburg insiste également sur la nécessité de s’entraîner à dégrafer le soutien-gorge, une action qui peut provoquer l’embarras chez certaines personnes. «Pendant le cours, vous apprenez qu’il faut détacher le soutien-gorge lorsque vous fixez les électrodes de l’appareil DEA (ndlr: défibrillateur automatique externe). Vous avez besoin d’un corps libre et la bride métallique du soutien-gorge est dangereuse, avertit-elle. C’est tout simplement nécessaire, donc là aussi il est important de s’exercer sur un corps qui a réellement des seins».

Les clichés tuent

Selon une étude relayée par The Independent et la revue médicale Medisite, seules 68% des femmes victimes d’un arrêt cardiaque seront réanimées contre 73% des hommes. «Les chiffres montrent que les femmes qui en sont victimes en dehors de l’hôpital sont bien moins souvent réanimées que les hommes. Il faut que ce ratio change», confirme Marjolijn Rodenburg.

Les raisons principales? L’idée fausse que les femmes sont moins souvent victimes de crises cardiaques que les hommes et une méconnaissance de leurs symptômes. «Il est désormais de notoriété publique que l’homme est toujours considéré comme la norme médicale, explique Marjolijn Rodenburg. Par conséquent, de nombreuses plaintes émanant de femmes ne sont pas reconnues».

Les symptômes suivants doivent attirer l’attention, aussi bien chez les femmes que les personnes âgées et diabétiques: nausées inexplicables et vomissements, difficultés respiratoires, sensation de pression dans la poitrine, le dos ou l’abdomen.

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