Luxembourg: Les services d'aide sociale craignent l'impact de la crise

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LuxembourgLes services d'aide sociale craignent l'impact de la crise

LUXEMBOURG – Covid, crise énergétique et du logement, les acteurs sociaux redoutent que beaucoup peinent.

par
Nicolas Martin
Les familles monoparentales sont notamment touchées.

Les familles monoparentales sont notamment touchées.

«Des offices sociaux signalent que la demande augmente mais nous n'avons pas encore de chiffres pour le confirmer. Des gens ont aussi du mal à faire cette démarche par crainte d'être stigmatisés. Mais entre le poids des loyers, les avances qui augmentent, les décomptes d'eau, d'électricité, de gaz qui arriveront, cela va venir, certainement».

Secrétaire de l'Entente des Offices sociaux, Jean-Paul Reuter redoute les effets de la crise actuelle. S'il constate les efforts réalisés (allocation de vie chère, aides de communes), «difficile de dire si cela suffira.(...) Le reste à vivre est en déclin». Du côté des services d’information et de conseil en matière de surendettement (S.I.C.S.) on s'attend aussi à des conséquences.

Mais elles ne seront pas immédiates. Cette procédure est une extrémité qui intervient après un parcours d'aide pouvant durer plusieurs années.

Les familles monoparentales, premières touchées

Auparavant, sous conditions, les offices sociaux peuvent par exemple aider des personnes qui n'arrivent plus à payer leurs factures. «Je crains qu'entre les prix de l'énergie et les taux d'intérêt, les gens basculent plus rapidement et que les dossiers nous arrivent plus vite», note Christian Schumacher, chef de SICS de la Ligue médico-sociale. Notamment pour des personnes sans argent de côté pour encaisser un coup dur de la vie. Selon lui, si on retrouvait fréquemment parmi les personnes en difficulté des revenus de 3 000-3 500 euros pour le foyer, désormais ce serait plutôt 3 500-4 000».

Son homologue chez Inter-Actions Amélie Dolo, constate une légère hausse des dépôts de procédure cette année par rapport à l'an passé. Mais cela ne peut encore être attribué à la crise énergétique. «Les familles monoparentales et les personnes en précarité (revis) sont les premières touchées car elles n’ont pas de marge de manœuvre. Des personnes âgées aussi sont touchées. «La tranche d’âge recule un peu. On atteint 60-70 ans voire plus».

«Les montants acceptables de 2021 sont devenus trop étriqués»

Amélie Dolo, Inter-Actions

Mais la responsable de service évoque aussi d'autres profils, qui pourraient être une conséquence du lock-down. «Des petits restaurateurs qui n’ont pas la trésorerie pour s’en sortir, des personnes engagées dans des sociétés et qui se sont portés garants personnels».

Et si les effets de la crise énergétique sur le surendettement s'apprécieront plus tard, Amélie Dolo constate que les personnes accompagnées pour la gestion du budget avec un plan de remboursement, «nous appellent souvent pour le réévaluer. Car les montants acceptables de 2021 sont devenus trop étriqués».

«Tendance à la hausse» des demandes

Selon le ministère de la Famille 18 500 personnes se sont adressées aux Offices sociaux en 2021, contre 17 127 en 2020 et 19 316 en 2019. Pour 2022, les chiffres ne sont pas encore disponibles mais «plusieurs offices sociaux ont signalé des tendances à la hausse des demandes d'aide», admet le ministère. Côté procédures surendettement et règlement collectif des dettes, il y a eu 45 entre le 1er janvier et le 1er septembre, contre 49 sur toute l'année 2021, 51 en 2020 et 45 en 2019. En 2014, c'était 85.

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