Loi antitabac – «Les six premiers mois ont été très difficiles»

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Loi antitabac«Les six premiers mois ont été très difficiles»

LUXEMBOURG - La fin de la cigarette dans les bars et les discothèques, est-ce la mort des établissements au Luxembourg? Tour d’horizon des expériences, en France, en Belgique et en Allemagne.

En France, la cigarette a été bannie des bars et restaurants le 1er janvier 2008. (AFP)

En France, la cigarette a été bannie des bars et restaurants le 1er janvier 2008. (AFP)

Alors que la Fédération nationale des hôteliers restaurateurs et cafetiers du Luxembourg (Horesca) craint la fermeture de nombreux établissements au Grand-Duché avec la mise en place d’une loi antitabac plus stricte, comment les établissements français, belges et allemands ont abordé l’interdiction de fumer dans les bars et les discothèques?

«Les six premiers mois ont été très difficiles», avoue Jacques Hitzges, président de l’Association professionnelle de l’industrie hôtelière de Moselle. En France, la loi a été effective le 1er janvier 2008. «Les clients comme les propriétaires ont mis du temps à s’adapter». Au cours de cette période, «les professionnels ont perdu entre 20 et 40% de leur chiffre d’affaires», note Jacques Hitzges. «Et nous ne sommes pas revenus au niveau d’avant la loi, l’afflux de non-fumeurs n’a pas compensé la fuite des fumeurs» qui note que ce sont surtout les restaurants, le soir, qui ont payé une addition salée. «Être obligé de sortir dehors pour fumer quand vous êtes en famille ou entre amis, c’est un manque de confort qui rebute les fumeurs».

Des effets ressentis cet hiver

En Belgique, l’interdiction est plus récente, elle date de juillet 2011 et ses effets ont tardé à se faire sentir. «Au début, nous ne nous sommes aperçus de rien parce que c’était l’été, les gens étaient en terrasse», note Thierry Neyens, président de l'Association des restaurants dans la province de Luxembourg. Cet hiver, les professionnels ont vu la différence et leur chiffre d’affaires baisser, «mais aussi parce qu’il y a davantage de prévention contre l’alcool au volant et puis la crise joue aussi un rôle».

De son côté, la Sarre a suivi la Bavière et a adopté une des législations les plus strictes d’Allemagne en avril dernier. Pas de fumoirs, il est tout simplement interdit de fumer dans les établissements proposant boissons et nourriture. Selon une étude réalisée en Bavière, les professionnels ont perdu un tiers de leur clientèle et 28% de leur chiffre d’affaires. Une entreprise sur 10 a dû licencier du personnel.

La Rhénanie-Palatinat a choisi une solution intermédiaire: les petits bars qui ne proposent pas de restauration ne sont pas soumis à la législation. Les plus gros établissements doivent se doter d’un espace fumeurs ou inviter les fumeurs à sortir. Les professionnels ont vu leur chiffre d'affaires chuter jusqu'à 50% mais l'interdiction de la cigarette ne peut être reconnue seule et unique responsable. Les petits bars où il est encore permis de fumer ont vu leurs bénéfices fondre de 23%...

ks et MC/L'essentiel Online

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