Politique française – Les socialistes tentent de recoller les morceaux
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Politique françaiseLes socialistes tentent de recoller les morceaux

Le parti socialiste français organise à partir de ce vendredi ses universités d'été à La Rochelle, dans une ambiance tendue après la crise gouvernementale du début de semaine.

Très attendu après la crise gouvernementale de début de semaine, le Premier ministre Manuel Valls a déjà fait un aller-retour à La Rochelle jeudi.

Très attendu après la crise gouvernementale de début de semaine, le Premier ministre Manuel Valls a déjà fait un aller-retour à La Rochelle jeudi.

AFP

Désunie, ébranlée par une grave crise gouvernementale, la «famille» socialiste ouvre vendredi dans une ambiance électrique son université d'été à La Rochelle (ouest de la France) avec des absents de marque mais en présence des ministres démissionnés Montebourg et Hamon. Avant même l'ouverture des débats vendredi après-midi, une certaine effervescence était perceptible, que le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s'est efforcé de tempérer, sur France 2.

Le PS, «c'est dans son ADN qu'il y a des désaccords». Il a cependant fait acte d'autorité en prévenant qu'il ne «saurait accepter» que les débats «aient pour but de renverser le gouvernement». Et de mettre en garde: «les socialistes et la gauche sont condamnés à surmonter leurs divergences». Mais ce n'est pas gagné, loin s'en faut. «La déchirure est large», résume la députée Karine Berger. Le contexte est en effet explosif: un gouvernement qui a volé en éclats après la charge des ex-ministres de l'Économie Arnaud Montebourg et de l'Éducation Benoît Hamon contre la politique économique, des critiques contre la nomination du banquier Emmanuel Macron à Bercy, étiqueté trop libéral pour certains, et une polémique jeudi sur les 35 heures.

Les frondeurs veulent voler la vedette

À cela s'ajoute un appel au «rassemblement» des 203 députés PS qui demandent à leurs collègues «frondeurs» de rentrer dans le rang et d'être «pleinement responsables de l'intérêt général de la gauche et du pays». Parmi eux, Bruno Le Roux, chef de file des députés PS ou encore Claude Bartolone, président de l'Assemblée. Dans ces conditions, Manuel Valls, qui a fait un premier aller-retour jeudi pour s'exprimer devant les élus locaux, est particulièrement attendu. Son discours dimanche sera scruté, après sa déclaration d'amour aux entreprises, particulièrement mal perçue par une partie de la gauche.

Les contestataires, dont les «frondeurs» qui n'ont pas voté le plan d'économies présenté en avril et se sont abstenus sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale en juillet, ont bien l'intention de voler la vedette au chef du gouvernement. Samedi, ils ont prévu une réunion publique. Objectif: ancrer davantage leur mouvement, surtout parlementaire, dans le parti, sous une nouvelle dénomination, «Vive la gauche». Signe selon eux du succès de leurs propos, ils ont changé de salle à la dernière minute, pour en trouver une d'une plus grande capacité d'accueil.

Des «états généraux du socialisme»

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui ont maintenu leur intervention en salle plénière prévue samedi, sont aussi attendus, moins d'une semaine après avoir été débarqués du gouvernement. Aurélie Filippetti, autre bannie, sera également présente à cette université. Parmi les absents de marque figurent l'ancienne patronne du PS Martine Aubry, sortie de son silence en juillet pour critiquer violemment la réforme territoriale, Ségolène Royal, en déplacement en Martinique, ou encore Jean-Marc Ayrault. En parallèle aux débats, se tiendront comme chaque année plusieurs réunions informelles (proches de Martine Aubry, proches de Stéphane Le Foll etc).

M. Cambadélis, dont c'est la première université en tant que premier secrétaire du parti, cherche lui à asseoir son autorité et rassembler. Au lendemain de La Rochelle, il lancera des «états généraux du socialisme», un vaste processus de consultation des militants, qui durera jusqu'au 6 décembre, destiné à redessiner «la carte d'identité» du PS. Demandant de ne pas réduire le débat à une unique opposition entre les frondeurs et «un gouvernement esseulé», il a estimé que le PS ferait la synthèse dimanche. Mais l'aile gauche du parti lui réclame au plus vite la tenue d'un congrès. Prévu pour 2015, sa date précise n'a pas été fixée par la direction du parti, accusée de tergiverser de peur de se retrouver perdante.

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