Choléra en Haïti – Les soignants luxembourgeois menacés
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Choléra en HaïtiLes soignants luxembourgeois menacés

L'équipe de la Croix-Rouge luxembourgeoise a été contrainte de suspendre l’installation du campement pour la prise en charge de personnes atteintes du choléra à Gressier.

Samedi, les habitants de Gressier sont venus manifester leur colère contre la mise en place d’un campement de prise en charge pour des personnes atteintes du choléra.

Équipe directement visée

Le personnel de la Croix-Rouge luxembourgeoise sur place a dû évacuer les lieux. «Ils sont arrivés avec des bidons d’essence pour mettre le feu aux tentes. Ils étaient très énervés», confirme Marc Crochet, directeur des opérations de la Croix-Rouge luxembourgeoise, contacté par L’essentiel Online. «Il y avait déjà eu des manifestations qui étaient essentiellement liées aux futures élections et nous n’en avions pas tenu compte, mais cette fois-ci, notre équipe était directement visée».

En effet, la population de Gressier, en l’absence de cas de choléra concret dans la ville, s’est vivement opposée à l’installation de ce centre par peur de voir l’épidémie se propager: «Bien que la maladie soit déjà aux portes de la ville, les habitants pensent qu’ils ne seront pas touchés. Ils ont peur que nous amenions des malades d’autres villes et que l’épidémie se propage», explique Marc Crochet.

Personnel évacué

Suite à ces manifestations, l’équipe de la Croix-Rouge a finalement renoncé à l’installation du campement. Les malades seront accueillis dans le centre de santé et les cas les plus graves seront transportés par ambulance vers l’hôpital de la ville voisine. «Les soignants restent confiants. Il y a eu d’autres cas similaires dans le nord du pays et la population a finalement compris que la Croix-Rouge était là pour les aider. Et puis, le climat actuel permet encore de vivre normalement», rassure le directeur des opérations Marc Crochet.

Aucune mesure de sécurité supplémentaire n’a été mise en place. Mais, l’équipe médicale, qui logeait dans le centre de santé, a été évacuée à l’extérieur de la ville: «Il faut voir comment évolue le climat. Les élections doivent avoir lieu lundi, si tout se passe bien, le calme devrait revenir à partir de la semaine prochaine», espère Marc Crochet.

L'essentiel Online/jb

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