ArcelorMittal Florange – Les syndicats durcissent le ton et bloquent le site

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ArcelorMittal FlorangeLes syndicats durcissent le ton et bloquent le site

La direction a indiqué jeudi aux représentants du personnel que le sort des hauts-fourneaux pour le 3e trimestre serait évoqué lors d'une réunion en mai, selon les syndicats qui ne croient pas.

La direction a annoncé «officiellement le non-redémarrage des installations pour le 2e trimestre. On nous a dit qu'ils redémarreraient peut-être au troisième trimestre mais on sait pertinemment que c'est faux», a indiqué François Pagano (délégué CFE-CGC) lors d'une suspension du comité central d'entreprise qui se tient au siège français du sidérurgiste à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

«En parallèle, ils nous annoncent l'importation de 60 000 tonnes de métal de Seversthal, en Russie. C'est le comble de l'hypocrisie: d'un côté, ils reconnaissent qu'il n'y a pas assez de métal, et de l'autre, ils disent qu'il n'y a pas suffisamment d'activité», a-t-il ajouté.

Sur un possible redémarrage des hauts-fourneaux, «on nous a donné rendez-vous pour le 6 mai, mais c'est pour gagner du temps. Si on continue comme cela on va droit dans le mur, c'est la fin de Florange», a déclaré Yves Fabbri, représentant de la CGT, qui demande, comme FO, une table ronde entre pouvoirs publics, organisations syndicales et la direction du groupe. «On est très en colère», a résumé M. Pagano, en prévenant qu'«à partir de maintenant, il n'y a plus une tonne d'acier qui quittera le site de Florange à destination des clients».

«Nous allons nous constituer un trésor de guerre»

Entre 200 et 300 protestataires se sont installés à la sortie d'où partent les produits finis de l'usine, principalement des bobines de tôle pour l'industrie automobile. Un témoin contacté par L'essentiel Online a indiqué que désormais les CRS contrôlaient également les issues, empêchant quiconque de rentrer ou sortir du site.

Les syndicats craignent la «mort programmée» de ce site, où travaillent 5 000 salariés, après l'annonce de la direction, la semaine dernière, que les hauts-fourneaux ne redémarreraient pas au deuxième trimestre. Le n° 1 mondial de la sidérurgie assure qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande insuffisante. «Nous avons décidé de frapper Mittal là où ça fait mal: le portefeuille», a déclaré le responsable CFDT, Edouard Martin, en annonçant «un blocage d'une durée illimitée». «Nous allons nous constituer un trésor de guerre, un butin du fruit de notre travail».

200 000 tonnes par mois d'acier pour l'industrie automobile

Même si ses deux hauts fourneaux sont en sommeil depuis plusieurs mois, le laminoir train à chaud de Florange produit toujours quelque 200 000 tonnes par mois d'acier technique pour l'industrie automobile. Le site est approvisionné avec des brames d'acier produites par l'usine d'ArcelorMittal de Dunkerque. Avec ce blocage, les syndicalistes espèrent désorganiser la fabrication dans l'industrie automobile qui, a observé l'un d'entre eux, «travaille à flux tendu».

ArcelorMittal Florange livre ses produits finis aux constructeurs Peugeot, Volkswagen, Mercedes, Audi et Toyota. Cette action «coup de poing» est la première menée par l'intersyndicale CGT/CFDT/FO/CFE-CGC, après l'occupation de la direction lundi. L'intersyndicale a promis qu'elle serait «le cauchemar du gouvernement», jusqu'au 6 mai, date du second tour de l'élection présidentielle.

(L'essentiel Online/AFP)

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«Notre volonté est de maintenir une présence forte en Lorraine»

ArcelorMittal réétudiera en mai un éventuel redémarrage des hauts fourneaux de Florange, arrêtés au moins jusqu'à l'été, alors que sont privilégiés les sites de Dunkerque et Fos-sur-Mer, a indiqué le PDG d'ArcelorMittal France, Hervé Bourrier.

Hervé Bourrier (PDG d'ArcelorMittal France), jusqu'à quand va se poursuivre cet arrêt temporaire, qui dure bientôt depuis un an?

Nous nous adaptons à la demande et nous revoyons trimestre après trimestre la situation du marché. On prend les décisions de redémarrage chaque trimestre, en général six semaines avant le redémarrage effectif. Là le projet concerne un arrêt temporaire jusqu'à fin juin. Nous referons un point dans le courant du mois de mai pour la situation du troisième trimestre. Mais il n'y a pas de fermeture définitive de Florange, c'est un arrêt temporaire.

Pourquoi les hauts fourneaux de Florange sont-ils arrêtés quand ceux des sites de Dunkerque et Fos-sur-Mer marchent?

Aujourd'hui, on a une crise significative en Europe, ce qui n'est pas vrai dans les autres zones du monde. Notre priorité est d'améliorer notre compétitivité et on privilégie l'augmentation du taux d'utilisation des sites côtiers (Dunkerque et Fos-sur-Mer) qui sont les plus efficaces en termes de rentabilité et de compétitivité.

Sur les sites qui ne sont pas côtiers, cela sera très dépendant de la demande du marché. Notre stratégie est logique, elle est dans la nécessité absolue de gagner en compétitivité dans un contexte extrêmement concurrentiel. D'un point de vue technique, nous nous mettons dans la situation de redémarrer Florange dès que la conjoncture le permettra. Pour nous, la Lorraine est une région très importante historiquement, mais également pour son savoir-faire, la compétence technique des équipes et la recherche et développement. Très clairement, notre volonté est de maintenir une présence forte en Lorraine.

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