Baptême payant – Les TGV chinois font de l'oeil aux annonceurs

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Baptême payantLes TGV chinois font de l'œil aux annonceurs

Pékin a commencé à vendre à des entreprises le droit de baptiser des trains à grande vitesse du pays, ont rapporté des médias officiels, mercredi.

Pour avoir le droit d'apposer sa marque sur l'un des trains à grande vitesse chinois, chaque marque devra débourser 1,4 million d'euros.

Pour avoir le droit d'apposer sa marque sur l'un des trains à grande vitesse chinois, chaque marque devra débourser 1,4 million d'euros.

AFP

À leur grand étonnement, les passagers embarquant dans une gare du sud de la Chine ont récemment découvert que leur train portait le nom de «China Unicom» - l'un des trois grands opérateurs téléphoniques du pays -, a relaté le quotidien shanghaïen Dongfang Zaobao. Mais il aurait pu également s'appeler «Bank of China» - du nom d'un des mastodontes du secteur financier - ou encore «Lüziyao», d'après une firme d'agroalimentaire connue pour ses champignons, arachides et poissons assaisonnés: ces deux groupes ont aussi payé pour voir un train à grande vitesse arborer leur patronyme.

Une métropole du nord-est de la Chine, elle, a baptisé un train «Majestueuses rivières et montagnes de Zhangjiakou», pour vanter les charmes de son environnement naturel. À chaque fois, ce nouveau nom apparaît sur les panneaux d'affichage des trains au départ. Le secteur ferroviaire chinois - sous l'emprise d'un lourd monopole public - a été bousculé ces dernières années par une série de scandales et d'accidents mettant en lumière la corruption de son administration. En mars dernier, le gouvernement, se disant soucieux d'efficacité, a décidé de fusionner le ministère du Rail à une agence d'État, et de transférer ses activités commerciales à un groupe nouvellement créé, China Railway Corp. (CRC). C'est ce dernier qui à commencé à commercialiser les noms des trains.

Un privilège onéreux: une année de «sponsoring» - c'est-à-dire le droit d'associer son nom à un train - ne coûte pas moins de 12 millions de yuans (1,42 million d'euros), a précisé le Dongfang Zaobao. «Utiliser au mieux les ressources du marché» est devenu une priorité, maintenant que les opérateurs ferroviaires sont tenus responsables de leurs profits et pertes, ont expliqué au quotidien shanghaïen des sources anonymes. La Chine possédant le réseau de trains à grande vitesse le plus étendu du monde, les internautes s'attendent à d'amusants développements. «Que les passagers se préparent: le train à grande vitesse Durex s'apprête à entrer en gare. Durex vous souhaite un délicieux voyage», a imaginé un internaute dans un microblog ironique, en référence au fabricant de préservatifs.

(L'essentiel/AFP)

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