Santé au Luxembourg – Les vaccinations anticipées étudiées par la justice
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Santé au LuxembourgLes vaccinations anticipées étudiées par la justice

LUXEMBOURG – La justice a commencé à examiner les cas de personnes vaccinées alors qu’elles ne faisaient pas partie des personnes prioritaires.

Les vaccinations (ici dans la halle Victor-Hugo) doivent suivre un ordre de priorisation bien défini.

Les vaccinations (ici dans la halle Victor-Hugo) doivent suivre un ordre de priorisation bien défini.

Archives / Vincent Lescaut

Au moins trois membres du Conseil d’administration des Hôpitaux Robert-Schuman, puis six personnes non prioritaires à Ettelbruck, ou encore l’ancien ministre Henri Grethen, se sont fait vacciner contre le Covid-19 sans être prioritaires. Ces cas créent la polémique depuis quelques jours. Le Centre hospitalier du Nord a porté plainte, tandis que le député Sven Clement (Pirate) a dénoncé des faits au parquet.

«J’ai voulu dénoncer ce qui était susceptible de constituer un délit, et surtout un manque de contrôle. Hormis l’hôpital du nord, les autres structures n’ont même pas réagi», explique l’élu, interrogé par L’essentiel. Il espère que les démarches en justice «permettront de faire la lumière sur les faits». Cette fraude n’est pas prévue dans la loi Covid, «car il y a souvent une zone grise sur les personnes qui ont droit ou pas au vaccin. Il faudrait définir cela très précisément», note Mars Di Bartolomeo, président de la commission Santé. Plutôt que de prévoir ce volet dans la prochaine loi, il préfère en appeler «au bon sens».

C’est donc le droit commun qui s’applique, mais les risques encourus par les resquilleurs ou les personnes fautives (hôpitaux, infirmiers,…) ne sont pas encore connus. «C’est au parquet, désormais saisi, de qualifier les faits, grâce à une enquête et de dire s'il y a lieu d'entamer des poursuites», explique une porte-parole de l’administration judiciaire. Cela peut «éventuellement être considéré comme du vol, ou de l’abus de confiance». Interrogée sur le sujet, vendredi dernier, Paulette Lenert (LSAP), ministre de la Santé, a affirmé que des discussions avec les hôpitaux étaient régulièrement menées. Elle a plaidé pour «des vérifications internes». La ministre estime que «ces faits très isolés ne méritent pas de remettre en cause toute la stratégie de vaccination».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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