The Kills – «L’impression de ne jamais avoir arrêté»

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The Kills«L’impression de ne jamais avoir arrêté»

ESCH-BELVAL - Le duo le plus sexy du rock vient défendre son nouvel album à la Rockhal. La chanteuse Alison Mosshart s’est confiée à «L’essentiel».

«L’essentiel»: Cinq années se sont écoulées entre «Blood Pressures» et «Ash & Ice». Avez-vous eu besoin de davantage de temps pour retrouver l’inspiration?

Alison Mosshart (chanteuse): Je ne crois pas que ce soit lié à ça. Après la sortie de «Blood Pressure», nous avons tourné plusieurs années. Jamie (NDLR: la guitare du duo) a ensuite dû subir plusieurs opérations chirurgicales à la main. Tout cela a pris du temps, mais en réalité nous avons l’impression de ne jamais avoir arrêté.

Le processus de composition a-t-il changé?
Nous avons abordé ce disque avec la volonté de prendre une autre direction. Nous avons écrit chacun de notre côté avant de mettre nos travaux en commun. En fait, c’est à chaque fois différent car les chansons sont différentes. Cette fois, nous avons pris un autre chemin, à la fois passionnant et effrayant. Et nous avons beaucoup composé avant de trouver ce que nous voulions.

Il y a davantage de sonorités électroniques. Était-ce une volonté?
C’était une volonté de Jamie, qui s’occupe de cette partie de la composition. Jamie ne pouvait jouer après ses opérations, et il en a profité pour approfondir l’utilisation de logiciels de programmation. Il voulait aussi emmener les boîtes à rythmes dans une autre direction.

L’album est un impressionnant mélange de tension et d’urgence, et il y a toujours ce côté sexy. Comment trouvez-vous cet équilibre?
Je ne sais pas vraiment. Quand vous écrivez autant de chansons, il s’agit avant tout d’apporter chacun sa touche et sa pierre à l’édifice. Et c’est très gratifiant de réussir à obtenir ce résultat, entre ombre et lumière. C’est parfois intentionnel, mais pas toujours. En tout cas, c’est le genre de morceaux que nous aimons.

Et ce style est unique…
Je l’espère en tout cas, car c’est une véritable prouesse, que peu de groupes parviennent à atteindre. Je crois que le jeu de guitare de Jamie est si unique, et combiné avec ma voix, cela nous confère une vraie identité.

Jamie a produit l’album avec John O’Mahoney. Comment cela s’est-il passé?
En réalité, ce n’était pas exactement une collaboration. Nous avons enregistré l’album dans un studio aménagé dans une maison à Los Angeles. Puis nous sommes allés aux mythiques studios Electric Lady, à New York. John nous y a rejoints en tant qu’ingénieur du son. C’est quelqu’un de très organisé, c’est exactement ce dont nous avions besoin. À Los Angeles, c’était créatif, mais plus chaotique.

Votre musique possède une dimension chaotique…
Oui, cela fait partie de notre ADN, car cela doit certainement faire partie de notre état d’esprit (rires)

Comment se passe la nouvelle tournée?
Nous avons débuté la tournée en avril, longtemps avant la sortie de l’album. C’est super excitant de pouvoir jouer les nouveaux morceaux. C’est toujours un moment particulier de les jouer pour la première fois. Au début, nous avons intégré quelques morceaux de «Ash & Ice», et désormais il en y a un peu plus. Il y a un bon équilibre avec les anciens titres, et la setlist change tous les soirs.

Vous faites aussi partie du supergroupe The Dead Weather, et vous peignez. Comment gérez-vous tout cela?
Heureusement, tout ne se produit pas en même temps. Je ne sais pas vraiment l’expliquer, je crois que je suis chanceuse. Concernant les Dead Weather, nous pouvons nous réunir que lorsque tout le monde est disponible, ce qui est assez rare. Mais à chaque fois, c’est magique. Je peins beaucoup sur la route, en tournée, ou lorsque je suis chez moi, à Nashville. Tout cela ne ressemble pas à un métier, c’est simplement ce que j’aime faire.

Vous vivez entre Nashville et Londres…
Ce sont deux villes totalement différentes, et j’adore cette opposition. J’aime aller à Londres et profiter de l’effervescence artistique, il y a tant de choses à faire. À Nashville, j’ai davantage le temps de travailler en studio, il n’y a pas beaucoup de galeries à visiter.

Qu’écoutez-vous ces derniers temps?
J’aime beaucoup les derniers albums de Savages et d’Iggy Pop.

(Recueilli par Cédric Botzung)

The Kills, ce mercredi soir, 20h, à la Rockhal, à Esch-Belval.

Entrée: 35 euros.

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