Tripartite au Luxembourg: L’inflation devient l'ennemie publique numéro un

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Tripartite au LuxembourgL’inflation devient l'ennemie publique numéro un

SENNINGEN – Les partenaires sociaux ont entamé un cycle de négociations, dimanche soir, afin de tenter de trouver des solutions face à l’explosion des prix.

par
Joseph Gaulier
Xavier Bettel, Premier ministre, a rencontré les partenaires sociaux. La tripartite est prévue pour l'instant sur trois jours.

Xavier Bettel, Premier ministre, a rencontré les partenaires sociaux. La tripartite est prévue pour l'instant sur trois jours.

Editpress/Fabrizio Pizzolante

Les partenaires sociaux, réunis en tripartite depuis dimanche, veulent attaquer l’inflation de front. «S’attaquer à l’inflation sera profitable à tous», a affirmé dans la soirée Xavier Bettel, Premier ministre, entre deux sessions d’une tripartite interminable dès le premier jour. Il a évoqué l’idée d’instaurer une limitation aux prix de l’énergie, sans qu’un accord n’ait été trouvé pour le moment.

«Le but n’est pas seulement d’aider les acteurs à affronter l’inflation, mais à la réduire de manière générale», éclaire un participant. Selon lui, les mesures telles que celles du printemps (aides à l’achat de carburants, crédit d’impôt énergie...) «peuvent au final renforcer l’inflation». Il cite comme exemple à suivre «le bouclier tarifaire en France, efficace contre l’inflation». Cette dernière devrait atteindre 6,6% cette année au Luxembourg, puis encore le même chiffre l’an prochain, d’après les dernières prévisions du Statec. «Limiter les prix de l’énergie est notre première revendication», rappelle Nora Back, présidente de l’OGBL.

Éviter les tensions sociales

Avant d’arriver à des mesures concrètes, les partenaires sociaux doivent âprement négocier. «Chacun a livré son analyse de la situation. Il y a évidemment des divergences, c’est le principe d’une tripartite», reprend Xavier Bettel. Il est prêt à prendre le temps de la discussion, «autant qu’il le faudra».

Lors de la dernière tripartite, en mars, les acteurs n’étaient pas parvenus à s’unir, puisque l’OGBL avait refusé de signer l’accord final reportant une tranche indiciaire, ouvrant la voie à des protestations et manifestations. C’est exactement ce que veulent éviter les parties prenantes, alors que la question de l’index est plus brûlante que jamais: le Statec prévoit jusqu’à quatre tranches d’ici fin 2023, en plus de celle de juillet 2022, reportée à avril 2023. «Les négociations vont être encore longues, il est encore trop tôt pour dire si nous parviendrons cette fois à un accord», a lancé Nora Back.

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