Elections – L’opposition triomphe à Monaco
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ÉlectionsL’opposition triomphe à Monaco

La principale liste d'opposition monégasque «Horizon Monaco» a remporté une très large majorité des sièges au Conseil national (parlement) -20 sur 24 - lors des élections dimanche en Principauté.

74,55% des électeurs se sont déplacés. (AFP)

74,55% des électeurs se sont déplacés. (AFP)

Cette liste d'opposition était emmenée par Laurent Nouvion, un administrateur de sociétés de 44 ans qui prône le changement, mais se dit inquiet d'éventuelles velléités du Conseil de l'Europe de modifier le régime politique monégasque. La liste emmenée par l'actuel président du Conseil national Jean-François Robillon, «Union monégasque», n'a recueilli que trois sièges. Quant à «Renaissance», la liste formée uniquement de croupiers de la Société des bains de mer (SBM, principal employeur à Monaco), elle obtient son premier siège au parlement. Pour ce scrutin de listes à un tour, la liste arrivant en tête remporte automatiquement 16 sièges, les huit autres étant attribués à la proportionnelle. Un panachage des votes est possible, rendant le décompte des voix particulièrement long.

Les résultats de dimanche constituent un revers pour la liste sortante qui avait pourtant été bien réélue en février 2008 (sous le nom «Union pour Monaco») avec 52,2% des voix, remportant alors 21 des 24 sièges à pourvoir, avec un taux de participation de 76,85%. Contrairement à ce que les résultats en termes de sièges laissent apparaître, il s'agit d'«une victoire de justesse de la liste de M. Nouvion, puisqu'elle ne recueille que 50,3% des voix, mais le système électoral monégasque est ainsi fait que la liste arrivant en tête remporte une large majorité des sièges», note Sylvain Fort, analyste politique et fin connaisseur des arcanes du Conseil national.

5 088 votants

«Le vrai tour de force vient de ce que la liste ‘Horizon Monaco’ ait tenu jusqu'au bout, au vu de son caractère composite, alliant des candidats du centre gauche à d'autres de la droite conservatrice», estime-t-il. «Et surtout il est intéressant de constater que les électeurs, malgré cette alliance un peu contre nature, aient suivi», dit-il. Autre point d'intérêt selon lui pour cette nouvelle assemblée: M. Nouvion a été «élu grâce à l'Union pour la Principauté (UP, centre gauche), mais l'UP est morte» désormais puisque ses leaders n'ont pas été élus dimanche, explique-t-il. Le Conseil national est ainsi revenu aux mains des conservateurs, comme c'était le cas avant 2003. Le président du Conseil national doit être élu le 21 février, lors de la première réunion de la nouvelle assemblée. La campagne électorale ayant précédé l'élection s'est illustrée par une violence verbale inédite, tranchant avec le lisse portrait officiel d'unité que le Rocher affectionne.

Au final, 5 088 Monégasques sur 6 825 inscrits se sont déplacés aux urnes dimanche, soit un taux de participation de 74,55%. Seuls les Monégasques ont le droit de voter pour élire leurs représentants au Conseil national, seul organe national élu de cette monarchie héréditaire et constitutionnelle. Sont ainsi exclus du scrutin les étrangers de 120 nationalités qui composent majoritairement la population de 35 000 habitants. À la différence des autres monarchies européennes, Monaco est un système pyramidal où le prince exerce la réalité du pouvoir. C'est lui qui nomme le gouvernement, lequel est responsable devant lui et non devant le Parlement. Le pouvoir du Conseil national consiste principalement à voter le budget. Il propose également des textes de loi et amende les projets du gouvernement. Mais aucun homme politique monégasque n'ose prendre le contre-pied d'une volonté princière, Albert II étant très populaire.

(L'essentiel Online/AFP)

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