Climat – L’ouest des Etats-Unis frappé par la sécheresse

Publié

ClimatL’ouest des États-Unis frappé par la sécheresse

Alors que l’été n’a pas encore commencé, 88% de l’Ouest américain est en état de sécheresse, dont toute la Californie, l’Oregon, l’Utah et le Nevada.

Le lac, attenant au célèbre barrage de Hoover Dam qui se dresse aux portes de Las Vegas, n’est plein qu’à 36%, soit un taux encore plus bas que le dernier record établi en 2016.

Le lac, attenant au célèbre barrage de Hoover Dam qui se dresse aux portes de Las Vegas, n’est plein qu’à 36%, soit un taux encore plus bas que le dernier record établi en 2016.

ChTalos

Lacs à leur plus bas niveau historique, feux de forêts précoces, restrictions d’eau et maintenant vague de chaleur potentiellement record: l’été n’a pas encore officiellement débuté que l’Ouest des États-Unis subit déjà de plein fouet les effets d’une sécheresse chronique, encore aggravée par le changement climatique.

Selon les derniers relevés des agences gouvernementales, 88% de l’Ouest américain étaient en état de sécheresse cette semaine, dont l’intégralité de la Californie, de l’Oregon, de l’Utah et du Nevada.

Le lac Mead n’est plein qu’à 36%

Dernier symptôme en date de ce phénomène, qui affecte au total plus de 143 millions de personnes aux États-Unis, le lac Mead, plus grosse réserve d’eau du pays située sur le fleuve Colorado, à la frontière du Nevada et de l’Arizona, a atteint cette semaine son niveau le plus bas depuis sa création dans les années 1930. Le lac, attenant au célèbre barrage de Hoover Dam qui se dresse aux portes de Las Vegas, n’est plein qu’à 36%, en dessous du record établi en 2016. Les autorités fédérales s’attendaient certes à ce qu’une telle pénurie survienne, mais pas avant le mois d’août.

La situation est tout aussi préoccupante dans le nord de la Californie, pourtant généralement bien arrosée durant l’hiver et le printemps. Le niveau du lac Oroville, deuxième réservoir de l’État et élément-clé du réseau fournissant de l’eau potable à 27 millions de Californiens, est cinquante mètres plus bas qu’en 2019.

Restrictions d’eau à venir

Désormais, des restrictions d’eau importantes sont inévitables dans les mois à venir, ce qui pourrait avoir des conséquences graves dans plusieurs États de l’ouest du pays, notamment pour les exploitations agricoles qui dépendent de l’irrigation et fournissent une grande partie des fruits et légumes du pays. Sans parler des amandiers de Californie, qui représentent jusqu’à 80% de la production mondiale mais que certains agriculteurs ont déjà commencé à arracher pour réduire leur consommation en eau.

Au 1er avril, qui marque traditionnellement la fin des chutes de neige, les réserves de neige dans la Sierra Nevada voisine - source d’environ un tiers de l’eau utilisée en Californie - étaient seulement d’environ 60% par rapport à la moyenne.

«Ce qui est vraiment unique cette année, c’est que lorsque la neige a fondu, le ruissellement a fini par s’infiltrer dans les sols secs et par s’évaporer», sans réellement parvenir jusqu’au lac d’Oroville pour gonfler ses réserves, explique John Yarbrough, un responsable du Département des ressources en eau de Californie.

Changement climatique en cause

Pour la plupart des experts, même si le sud-ouest des États-Unis est naturellement exposé à la sécheresse, il ne fait aucun doute que la situation est considérablement aggravée par le réchauffement climatique. Une étude publiée l’an dernier dans la revue «Science» estimait ainsi que le changement climatique induit par les activités humaines avait accentué l’impact de la sécheresse de 46% entre 2000 et 2018.

«Ce qui est clair, c’est que nous vivons déjà sous un nouveau climat, un climat qui est différent que celui sous lequel nos systèmes ont été conçus voici cinquante ou cent ans», déclarait récemment Noah Diffenbaugh, climatologue à l’université californienne de Stanford. «Et c’est un climat dans lequel les déficits en eau sont principalement la conséquence du réchauffement», estime l’expert, pour qui il reste possible «de gérer les risques présentés par ces changements du climat». «Mais pour y parvenir, il ne faut pas seulement reconnaître la réalité de ce changement climatique et s’y ajuster, il faut anticiper», souligne-t-il.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion