Entraîneur barcelonais – Luis Enrique broyé par un quotidien harassant

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Entraîneur barcelonaisLuis Enrique broyé par un quotidien harassant

Machine à broyer les entraîneurs, le FC Barcelone a fait une nouvelle victime, mercredi, avec le départ annoncé de Luis Enrique en juin, après trois saisons en poste.

L'entraîneur barcelonais paie sa passion dévorante pour son métier.

L'entraîneur barcelonais paie sa passion dévorante pour son métier.

AFP/Jose Jordan

Entraîner le Barça et Lionel Messi est le Graal de tout technicien. Mais c'est cette position enviée que Luis Enrique s'apprête à quitter de son plein gré, à seulement 46 ans. Avec une seule justification: l'usure. «La manière dont je vis cette profession (...) signifie pour moi très peu d'heures de repos et de déconnexion», a expliqué l'entraîneur asturien, lors de l'annonce surprise de son départ mercredi soir.

Troisième technicien le plus titré de l'histoire du club (huit trophées) derrière les icônes Johan Cruyff et Pep Guardiola, «Lucho» aurait pourtant mérité, sur ses seuls résultats, de rester. Mais durer au Barça requiert un investissement personnel presque surhumain. «Toute l'année comme ça, avec autant de compétitions, de matches, de déplacements, cela use énormément», confirme Alfonso Pérez, qui a joué avec Luis Enrique au Real (1991-1995) et au Barça (2000-2002).

Un journaliste pris à partie

«Quand on va dans un club comme celui-là, on sait à quoi on s'expose. Énormément de pression, le devoir de bien faire. C'est un examen en permanence», ajoute l'ancien attaquant international espagnol. C'est d'ailleurs cette même fatigue qui avait poussé vers la sortie Guardiola (2008-2012), «vidé» après «une éternité» sur le banc blaugrana. «Le temps arrive à tout user», disait alors le Catalan.

Ces dernières semaines, Luis Enrique semblait sur les nerfs, comme lorsqu'il a pris à partie un journaliste après la déroute subie mi-février face au Paris SG en huitièmes de finale aller de Ligue des champions (4-0). «Se reposer, voilà le besoin évoqué par son langage non verbal depuis plusieurs mois», a analysé jeudi le quotidien catalan Sport.

Homme de caractère et de principes, Luis Enrique n'est pas réputé pour sa diplomatie. Et cette gestion rigide lui a valu une tension permanente dans un vestiaire constellé de stars. En janvier 2015, son choix de laisser le quintuple Ballon d'or argentin Lionel Messi sur le banc avait ainsi provoqué une violente crise, manquant de lui coûter son poste. Au bout de trois saisons, peut-être que le discours de l'entraîneur ne passait plus aussi bien.

Gagner d'ultimes trophées

Éphémère entraîneur du Barça (2013-2014), l'Argentin Gerardo «Tata» Martino avait résumé la pression qu'il subissait au quotidien par un seul mot: «l'environnement». À savoir la presse, les commentateurs, les supporters. Car le Barça n'est pas qu'un club omnisports, c'est une institution catalane, européenne et planétaire. Le deuxième club de football ayant le plus de revenus au monde (620,2 millions d'euros en 2015/2016) selon le cabinet Deloitte, et un monstre médiatique où la pression est colossale.

«Même ivre, je ne voudrais pas m'approcher à moins de dix mètres d'un téléviseur ou d'une radio», déclarait Enrique, grinçant, le 18 février. En mettant fin au suspense autour de son avenir, Luis Enrique devrait au moins obtenir un peu de calme pour ses trois derniers mois en poste. Avec l'envie de gagner d'ultimes trophées, histoire de donner tort à la presse une dernière fois.

(L'essentiel/afp)

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