Conflit social – Luxtram se trouve dans le viseur des syndicats

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Conflit socialLuxtram se trouve dans le viseur des syndicats

LUXEMBOURG – Les syndicats reprochent à Luxtram d'avoir licencié l'un de ses employés syndiqués. L'exploitant du tramway de la capitale dément.

Nico Wennmacher (FNCTTFEL), Christian Sikorski (OGBL) et Georges Merenz (FNCTTFE) ont critiqué Luxtram.

Nico Wennmacher (FNCTTFEL), Christian Sikorski (OGBL) et Georges Merenz (FNCTTFE) ont critiqué Luxtram.

Editpress/François Aussems

Les syndicats OGBL et FNCTTFEL-Landesverband accusent Luxtram S.A. d'avoir licencié la semaine dernière, l'un de ses employés sans motif déclaré. L'intéressé, âgé d'une quarantaine d'années et résidant au Luxembourg, n'a, selon les syndicats, pas commis de faute grave. Selon eux, il aurait été «réduit au silence» à cause de son engagement syndical.

Avant son licenciement, le salarié de Luxtram était responsable de la gestion des plans de travail. Il y a dix jours, il avait été soumis à une évaluation avec une note satisfaisante. Or, toujours selon les syndicats, le salarié aurait été confronté à des reproches concernant la gestion des plans de travail lors de la Schueberfouer, une période d'activité intense pour la nouvelle ligne de tram. La semaine dernière, il a finalement dû quitter son poste. Il continuera de percevoir son salaire pendant la durée du préavis de licenciement de deux mois. La société est tenue de communiquer le motif du licenciement sous 40 jours.

Luxtram dément

Le secrétaire central de l'OGBL, Christian Sikorski, et le président de Landesverband, Georges Menrez, ont dénoncé un «cas unique» au sein de la société. Ils n'ont pas hésité à sortir l'artillerie lourde, qualifiant mardi la direction de Luxtram de «clique de gangster social payée par les pouvoirs publics». L'OGBL et le FNCTTFEL-Landesverband réclament la réintégration du salarié qui, avant son licenciement, était engagé à mettre sur pied une délégation du personnel en vue des élections sociales de mars prochain. Près de la moitié des employés de Luxtram, entreprise détenue à 50% par l'État et à 50% par la ville de Luxembourg, sont syndiqués.

Luxtram a bien sûr démenti la version des syndicats OGBL et Landesverband. «L'entreprise n'a licencié aucun salarié en raison de son appartenance syndicale», indique-t-elle dans un communiqué. Le renvoi de la personne serait lié à des raisons exclusivement professionnelles. La direction n'aurait pas eu connaissance de son intention de présenter une liste pour les élections sociales.

Débat à la Chambre

Ce cas de licenciement met à rude épreuve les négociations entres les syndicats et Luxtram au sujet d'une première convention collective, pour la centaine d'employés de l'opérateur de tramway. L'OGBL et le FNCTTFEL-Landesverband critiquent l'amplitude horaire des conducteurs de tramway ainsi que les salaires. À l'avenir, les négociations entre les représentants du personnel et la direction se feront par l'intermédiaire d'un médiateur. Selon Christian Sikorski, «en cas de non-conciliation, la perspective d'une grève peut être évoquée».

Le sujet s'est invité à la Chambre mardi, avec notamment des interventions des députés d'opposition David Wagner (Déi Lénk) puis Marc Spautz (CSV). Le ministre de la Mobilité et des Travaux publics, François Bausch (Déi Gréng), a maintenu sa ligne de conduite: «Ce n'est pas le rôle d'un ministre ou d'un conseil d'administration de se mêler du fonctionnement journalier d'une entreprise de droit privé», a-t-il dit à la tribune de la Chambre des députés. «Si ce licenciement s'avère illégal, le conseil d'administration ne manquera pas de demander des comptes au directeur de Luxtram», a-t-il conclu.

(Jörg Tschürtz/L'essentiel)

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