Domaine spatial: «Ma grand-mère me chantait des chansons en luxembourgeois»

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Domaine spatial«Ma grand-mère me chantait des chansons en luxembourgeois»

PARIS/LUXEMBOURG – Raphaël Liégeois, Belgo-Luxembourgeois de 34 ans, a confié à L'essentiel ses premières impressions d'astronaute de l'agence spatiale européenne après sa nomination, mercredi, à Paris.

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Propos recueillis par Nicolas Martin, à Paris
ESA President Josef Aschbacher (R) listens as Belgium's Raphael Liegeois (L) delivers a speech after being appointed ESA newly recruited class of career astronaut during a ceremony to unveil the European Space Agency five new class of career astronauts in Paris on November 23, 2022. - ESA choose two women and three men from five different Western European countries out of more than 22,500 applicants. (Photo by Joël SAGET / AFP)

Raphaël Liégeois, aux côtés de Josef Aschbacher, directeur de l'Agence spatiale européenne.

AFP

L'essentiel: Pouvez-vous vous présenter à ceux qui ne vous connaissent pas?

Raphaël Liégeois: Je viens de Belgrade, près de Namur où j'ai fait mes études. J'ai ensuite fait des études d'ingénieur à Liège où j'ai également fait une thèse et passé près de dix ans. J'ai travaillé comme neuroscientifique pendant plusieurs années aux États-Unis, en Asie et maintenant en Suisse.

Vous avez la double nationalité belgo-luxembourgeoise, pouvez-vous nous parler de vos liens avec le Grand-Duché?

Je suis belge de naissance, mais mes parents viennent de la Province de Luxembourg en Belgique et nous avons une histoire familiale très attachée au Luxembourg. Je me souviens que ma grand-mère me chantait enfant des chansons en luxembourgeois. Elle venait du Grand-Duché. Mon père a fait le conservatoire au Luxembourg et mes parents y travaillent depuis une vingtaine d'années.

Raphaël Liégeois se confie

Raphaël Liégeois, Belgo-Luxembourgeois de 34 ans, a confié à L’essentiel ses premières impressions d’astronaute de l’agence spatiale européenne après sa nomination, mercredi, à Paris.

Y avez-vous vécu personnellement?

Comme on commençait les études quand mes parents sont allés au Grand-Duché, on n'y a pas beaucoup vécu mais mes parents y travaillent et ce sont les liens qui nous unissent au Luxembourg.

Qu'avez-vous ressenti au moment où votre nom a été annoncé pour ce poste d'astronaute de carrière?

C'était un rêve d'enfant. J'ai ressenti beaucoup de fierté, de chance aussi d'être là, entouré de tous ces astronautes extraordinaires qui viennent de tous les pays d'Europe. Cette fierté de faire partie de ce processus qui a rassemblé une génération d'Européens passionnés d'espace et qui veulent contribuer à un monde meilleur.

Raphaël Liégeois se confie

Raphaël Liégeois, Belgo-Luxembourgeois de 34 ans, a confié à L’essentiel ses premières impressions d’astronaute de l’agence spatiale européenne après sa nomination, mercredi, à Paris.

Les tests physiques étaient-ils difficiles?

Non je n'étais pas spécialement formé pour. Environ 50% des 22 500 candidats les ont réussis. Je n'ai pas des capacités d'athlète. Je ne cours pas très vite 10 kilomètres. L'idée était plus de voir s'il n'y avait pas un élément problématique mais sinon l'idée est surtout d'être en bonne santé, d'avoir des paramètres normaux.

Que pouvez-vous apporter à l'ESA à travers votre parcours?

Je suis scientifique, j'ai travaillé dans le domaine de l'imagerie médicale et une des activités principales des astronautes est de faire des études scientifiques, dans la station spatiale internationale, ou plus loin dans les années qui viennent, pour mieux comprendre comment aller encore plus loin. Ce bagage technique va me permettre de pouvoir interagir avec les scientifiques de façon peut-être plus facile dans des domaines variés. Essayer de mieux comprendre comment les expériences doivent se faire et plus globalement je suis convaincu que les sciences sont une clé pour résoudre les difficultés auxquelles le monde fait face, de façon collective. C'est un message que j'ai porté dans ma carrière de neuroscientifique et que j'aimerais porter aussi dans ma carrière d'astronaute.

Nicolas Martin

Envisagez-vous d'essayer d'inculquer le goût de l'espace aux petits Luxembourgeois?

Bien sûr je voudrais donner le goût de l'espace à toutes les générations, en particulier à la jeunesse, car c'est elle qui va construire le monde de demain. Si je dois transmettre un petit message à la jeunesse luxembourgeoise je dirais: essayez d'identifier vos rêves, prenez-en soin et donnez-leur du sens pour contribuer à quelque chose de meilleur. Les sciences dans ce cadre sont géniales.

Comment ont réagi vos parents à l'annonce de cette grande nouvelle?

Ils étaient évidemment très fiers, les mots leur manquaient. Ils ont regardé le live sur Internet. Je dois avoir beaucoup de messages à mon avis (rires).

Que va-t-il désormais se passer pour vous?

Nous allons nous installer avec ma famille en Allemagne, à Cologne. À partir de début avril, on va commencer l'entraînement. Puis nous attendrons d'être assignés à une mission. On a alors deux ans d'entraînement très intense pour cette mission. Au plus tôt, cela ferait pour moi une mission en 2026 mais comme nous sommes cinq nouveaux astronautes de carrière, et qu'il n'y a pas un vol tous les mois, cela peut prendre plus de temps.

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