Volte-face au Canada – «Ma soeur, va te faire vacciner, je t'en supplie»
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Volte-face au Canada«Ma sœur, va te faire vacciner, je t'en supplie»

Juste avant de succomber au Covid-19, une chanteuse antivaccin et adepte des théories du complot a appelé la population à se faire vacciner sur son lit de mort.

Juste avant de décéder, Gisèle Baudoin a convaincu son mari de se faire vacciner.

Juste avant de décéder, Gisèle Baudoin a convaincu son mari de se faire vacciner.

Elle s'appelait Gisèle Baudoin. Canadienne de nationalité, cette chanteuse de country est décédée samedi dernier à l'âge de 70 ans. Comme près de 11 000 Québécois, elle a succombé au Covid-19. Mais ce qui rend son destin si particulier tient à la volte-face qu'elle a effectuée juste avant de rendre son dernier souffle. Antivaccin convaincue, adepte des théories du complot, Gisèle Baudoin a changé son fusil d'épaule dans ses derniers instants, appelant la population à se faire vacciner contre le coronavirus.

«Je vous mets en garde contre ce virus. Je n’aurais jamais pensé être si malade», a-t-elle écrit sur Facebook, avant de demander à ses proches de transmettre un message empreint de sagesse: «Dis à tout le monde que je suis en train de mourir du Covid. Et dépêchez-vous, allez vous faire vacciner, je vais mourir étouffée», relaie sa sœur Monique, encore sous le choc.

«Elle a souffert le vrai martyre»

Les deux femmes n'étaient pas sur la même longueur d'onde concernant la pandémie, mais la souffrance a forcé Gisèle Baudoin à admettre la réalité. «Elle a souffert le vrai martyre. Elle avait mal partout et avait des difficultés à respirer». Après cinq jours de calvaire, Gisèle est finalement décédée. Un drame qui fait réfléchir sa famille sur les mécanismes qui ont amené la chanteuse à se tourner vers les thèses complotistes. «Elle se levait tôt pour regarder toutes ces vidéos sur Facebook, puis elle nous les envoyait». Gisèle Baudoin était convaincue que «le Covid n'existait pas», qu'il ne s'agissait que «d'une mauvaise grippe».

Même rhétorique sur le vaccin qu'elle considérait comme potentiellement mortel. Ses derniers mots résonnent encore dans la tête de Monique: «Je t’aime, ma sœur. Va te faire vacciner, je t'en supplie», a-t-elle écrit. Un message similaire a été adressé à son mari, Bertrand. Lui aussi a contracté le Covid-19, mais une forme moins grave, lui aussi était séduit par les thèses conspirationnistes. Il a finalement accepté de se faire vacciner...

(th/L'essentiel)

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