Aux Etats-Unis – Macron en «avocat de l'Europe» face à Trump

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Aux États-UnisMacron en «avocat de l'Europe» face à Trump

Lors de sa visite d'État aux États-Unis, qui débute lundi, le président français tentera d'éviter à l'UE l'application de taxes douanières américaines sur l'acier et l'aluminium.

Emmanuel Macron et Donald Trump, le 14 juillet 2017, à Paris.

Emmanuel Macron et Donald Trump, le 14 juillet 2017, à Paris.

AFP/Alain Jocard

L'amitié entre Emmanuel Macron et Donald Trump va être mise à rude épreuve: le président français arrive lundi, à Washington, pour une visite d’État où les deux hommes discuteront de plusieurs sujets de discorde. En préambule, M. Macron a énuméré dimanche sur Fox News, la chaîne préférée de Donald Trump, ses arguments pour convaincre le président américain dans les dossiers qui les opposent comme le conflit commercial entre Bruxelles et Washington, l'Iran et la Syrie.

Pendant sa visite, la France se fera l'avocate de l'Europe pour éviter à l'UE l'application de taxes douanières américaines sur l'acier et l'aluminium, en suspens jusqu'au 1er mai. «On ne fait pas la guerre avec ses alliés», a assuré dimanche Emmanuel Macron. Dès son élection en mai 2017, le chef de l’État français, contrairement à ses partenaires européens, a choisi de nouer une alliance privilégiée avec Donald Trump, dont il apprécie le côté disruptif. «Nous sommes tous les deux des francs-tireurs antisystème», a-t-il répété sur Fox News.

Objectif: infléchir les positions de Trump

Les deux hommes ont des désaccords profonds, sur lesquels le Français espère que leurs bonnes relations lui permettront d'au moins infléchir les positions de l'Américain. Sujet le plus brûlant, l'accord nucléaire iranien signé en 2015, que Donald Trump a menacé de «déchirer» s'il n'est pas durci pour obliger Téhéran à limiter son programme balistique et son influence dans la région. Téhéran a averti samedi que le pays reprendrait «vigoureusement» l'enrichissement d'uranium si Washington rompt l'accord, ce qui serait un premier pas vers la production de l'arme atomique. Paris veut proposer à Donald Trump un accord complémentaire, entre pays occidentaux, qui réponde à ses inquiétudes. Mais nul ne sait si ces propositions suffiront à faire évoluer le président américain d'ici le 12 mai, date où il tranchera. Sur Fox News, M. Macron a plaidé pour cet accord car «il n'y a pas de plan B» pour s'assurer que Téhéran ne se dote pas de la bombe nucléaire.

Autre différend, la stratégie à tenir en Syrie après la victoire contre le groupe Etat islamique. Les deux hommes ont récemment resserré leurs liens en ordonnant le 14 avril des frappes militaires conjointes après une attaque chimique présumée du régime syrien contre des civils près de Damas. Mais Donald Trump veut retirer ses troupes - quelque 2 000 soldats - le plus vite possible, ce que Paris redoute. M. Macron avait dit avoir convaincu Washington de rester dans le pays «dans la durée», avant d'être contredit par la Maison Blanche dimanche dernier. «Même après la fin de la guerre conte l'EI, les États-Unis, la France, nos alliés et même la Russie et la Turquie auront un rôle majeur à jouer pour créer cette nouvelle Syrie», a-t-il souligné.

(L'essentiel/afp)

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