Présidentielle française – Macron, ovni politique prêt à réussir son coup
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Présidentielle françaiseMacron, ovni politique prêt à réussir son coup

Trente-neuf ans, «ni de droite ni de gauche» et jamais élu auparavant, Emmanuel Macron s'est imposé dans la présidentielle en bousculant les clivages traditionnels.

Emmanuel Macron a profité d'un affaiblissement des partis traditionnels.

Emmanuel Macron a profité d'un affaiblissement des partis traditionnels.

AFP/Philippe Wojazer

Accueilli avec une certaine condescendance par les politiques professionnels de tous bords, raillé pour le flou présumé de son projet, Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Économie du président socialiste François Hollande (août 2014-2016) a cependant fait mentir ceux qui voyaient en lui une bulle médiatique. En phase avec le désir de renouvellement politique, ce candidat parti en campagne sans expérience élective est finalement devenu l'un des favoris en faisant le pari de «changer de logiciel» et a confirmé le jour J. Il est arrivé en tête de l'élection présidentielle française dimanche, face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen.

Porté par les déboires du candidat de la droite François Fillon, renforcé par le ralliement de poids lourds comme le centriste historique François Bayrou ou le ministre socialiste de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ce nouveau venu au physique de gendre idéal a progressivement grimpé dans les sondages. Pur produit des écoles de l'élite française, Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires, est entré en politique en 2012 comme conseiller du président Hollande. De cette expérience dans l'ombre du pouvoir, suivie de deux années au ministère de l'Économie, il dit avoir tiré un enseignement majeur: le «dysfonctionnement» du système politique actuel.

Liberté et protection

«Je pense que Macron a eu l'intuition, précisément parce qu'il était extérieur à la vie politique traditionnelle, que les partis de gouvernement avaient créé leurs propres faiblesses, avaient perdu leur propre attractivité, étaient, pour reprendre un vieux mot, usés, fatigués, vieillis», a confié François Hollande à son sujet. Cette intuition pousse le jeune ministre à fonder début 2016 son mouvement, baptisé En Marche!, qui revendique désormais quelque 260 000 adhérents. Suivent sa démission du gouvernement et sa candidature à la présidentielle avec un programme d'inspiration sociale-libérale.

Son fil rouge: réconcilier «liberté et protection», en réformant l'assurance-chômage ou en proposant des mesures de discrimination positive à l'intention des quartiers en difficulté. Son cœur de cible: les classes moyennes, qu'il juge «oubliées» par la droite et la gauche. Son discours transpartisan, libéral en termes d'économie et de société, plaît aux jeunes urbains et aux milieux d'affaires. Il séduit moins les classes populaires ou rurales, rétives à la mondialisation qu'il défend. Ses détracteurs le décrivent en «illusionniste» plein de «contradictions».

(L'essentiel/AFP)

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