Covid-19 au Luxembourg – «Malgré toutes les mesures on a eu des infections»

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Covid-19 au Luxembourg«Malgré toutes les mesures on a eu des infections»

LUXEMBOURG - Président de la Copas, Marc Fischbach, réagit au rapport Waringo sur les clusters dans les maisons de retraite.

Comment la Copas traverse-t-elle la pandémie ?

Marc Fischbach: Nous sommes une grande fédération. Avec 52 institutions membres. Toutes n’ont pas les mêmes sensibilités, suivant le profil de leur population, leurs infrastructures… Il est difficile de concilier tous les intérêts. La Copas cherche à assurer suffisamment d’autonomie aux membres, tout en mettant en œuvre les recommandations, pour lesquelles nous avons été consultés.

Impossible d’avoir un cadre unique ?

Il n’y a pas un modèle unique applicable par tout le monde. Il faut qu’il s’adapte aux possibilités de chaque maison. Certaines sont très anciennes. Avec des toilettes et des douches donnant sur le couloir. La majorité date des 20 dernières années et permet d’accorder de petites libertés supplémentaires.

Comment accueillez-vous le rapport Waringo sur les clusters?

C’est un rapport qui correspond à nos attentes. Nous l’avons abordé en nous disant que ce serait une opportunité pour nous d’expliquer, de documenter ce qu’on a fait dans les différentes maisons. Se justifier. Apporter la preuve du sérieux et du professionnalisme du secteur. Le rapport confirme que dans les maisons, on a bien respecté les règles et mesures prescrites.

Mais cela n’a pas suffi pour éviter les nombreux décès…

Le nombre d’infections dans les maisons de retraite est en corrélation avec le nombre d’infections dans le reste de la population. Comme le nombre de décès. Malgré toutes les mesures, on a eu des infections. On ne pouvait pas éviter que le virus s’introduise dans les maisons de retraite, sinon il fallait les fermer. Il n’y a pas de risque zéro. Si l’enquête avait pu prouver que dans certaines maisons tout n’a pas été fait, cela aurait été signalé.

Qu’aurait-il fallu faire différemment ?

En quelques mois, tout a évolué. L’état des connaissances, les moyens à disposition. Avant les tests antigéniques, il était difficile de tester les visiteurs, le personnel extérieur. Aujourd’hui, on pourrait se dire que cela n’aurait pas dû arriver. Mais on ne savait pas. Pour l’avenir, il faudrait prévoir un plan de crise, penser à tout, soumettre ces plans aux concernés.

Le rapport indique que les maisons de retraite n’ont pas été abandonnées…

Elles ne l’ont pas été. Mais les responsables de maison ont parfois eu des problèmes pour bien comprendre ou mettre en œuvre certains aspects. Le directeur est le dernier maillon et c’était extrêmement difficile. Ils se sont toujours tournés vers la Copas pour des informations. Pour certains, ce n’était pas suffisant, ils réclamaient davantage par rapport à leur cas concret mais on ne peut pas avoir de mesure toute faite pour chacun. La Copas a joué son rôle de coordination et d’information.

Les maisons ont parfois été prises pour cible…

On était dans le viseur en raison des personnes qui sont décédées. C’était dû à la perception de familles qui estimaient qu’on ne faisait pas assez pour protéger leurs parents résidents. Mais c’était une question de perception car les familles n’ont pas pu suivre le traitement qui était réalisé dans les maisons.

Étiez-vous favorable à la vaccination obligatoire des personnels?

La responsabilité incombe au législateur de décider si tous les personnels doivent être vaccinés. Il n’a pas voulu rendre la vaccination obligatoire. Nous le regrettons moins dans la mesure où les tests sont devenus obligatoires. Nous étions favorables à la campagne de conviction, bien expliquer pour persuader les personnes de se faire vacciner.

(Nicolas Martin / L'essentiel )

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