Présidentielle française – Marine Le Pen, l'héritière qui veut le pouvoir
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Présidentielle françaiseMarine Le Pen, l'héritière qui veut le pouvoir

Partie en campagne «au nom du peuple» avant de revenir à ses fondamentaux (immigration et terrorisme) la patronne de l'extrême droite rêve d'une victoire historique.

Marine Le Pen est qualifiée pour le deuxième tour d'une présidentielle, comme son père en 2002.

Marine Le Pen est qualifiée pour le deuxième tour d'une présidentielle, comme son père en 2002.

AFP/Lionel Bonaventure

Capitalisant sur le ras-le-bol des «invisibles» confrontés au chômage et à la peur du déclassement, portée par une vague nationaliste en Europe, la candidate du Front national, Marine Le Pen, 48 ans, s'est qualifiée dimanche pour le deuxième tour de l'élection présidentielle française. Après des années d'efforts pour lisser l'image sulfureuse de son parti, elle a réussi la même performance que son père en 2002. Mais les politologues la prédisent battue au second tour, le 7 mai, du fait d'un report insuffisant des voix.

La fille du cofondateur du parti, Jean-Marie Le Pen, a débuté en février sa campagne sur le «patriotisme» et la «préférence nationale», se présentant comme la «candidate du peuple» face à «la droite du fric et la gauche du fric». Elle se décrit comme une «femme de caractère parfois abrupte» et a d'ailleurs durci ses discours et ajouté un «moratoire sur l'immigration légale» à ses engagements de campagne. Après l'attentat sur les Champs-Élysées à Paris, elle a exhorté d'une voix dure le président Hollande à un «ultime sursaut», exigeant une «réponse sécuritaire plus globale» pour la France.

Posture martiale

Son projet: en finir avec l'euro, taxer les produits importés. Mais aussi sortir la France des accords de libre-circulation de Schengen, ou expulser les étrangers fichés pour radicalisation. «Je reçois les insultes à la France comme si elles m'étaient adressées directement», dit-elle dans son clip électoral, qui joue sur le registre de l'intime. Dans ses réunions publiques, ses paroles, bues par des partisans de tous âges et milieux sociaux, sont traditionnellement ponctuées par un slogan scandé à gorge déployée: «On est chez nous!». Un cri de xénophobie, selon ses adversaires. Un cri d'amour pour la France, rétorque-t-elle.

Plusieurs de ses meetings, où elle adopte volontiers une posture martiale et des tenues assorties au drapeau national, ont été émaillés de manifestations d'opposants, assorties de heurts avec la police. Soupçonnée d'emplois fictifs au Parlement européen, elle a refusé de répondre à une convocation des juges en dénonçant une «cabale politique». La justice française a demandé au Parlement européen de lever son immunité.

(L'essentiel/AFP)

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