Corruption au Portugal – Mario Soares prend la défense de José Socrates

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Corruption au PortugalMario Soares prend la défense de José Socrates

L'ancien président portugais, Soares, a demandé dimanche à l'actuel chef d'État, d'«intervenir au nom des Portugais» en faveur de l'ex-Premier ministre José Socrates, en détention pour corruption.

José Socrates a été mis en examen pour fraude fiscale qualifiée, corruption et blanchiment d'argent.

José Socrates a été mis en examen pour fraude fiscale qualifiée, corruption et blanchiment d'argent.

AFP

«Qu'attend le président de la République (Anibal Cavaco Silva, ndlr.) pour intervenir au nom des Portugais?», a interrogé l'ancien président Mario Soares, jugeant «inacceptable et infamante» la détention, depuis le 24 novembre,, de José Socrates, dans une tribune publiée dimanche dans le quotidien portugais Jornal de Noticias. «Il n'y a pas de justice au Portugal», a asséné l'ancien président, affirmant que son «ami José Socrates» est «détenu sans qu'il n'y ait eu de jugement».

Mario Soares s'était déjà exprimé plusieurs fois sur le placement en détention provisoire de l'ancien Premier ministre, à qui il a rendu deux visites en prison, dénonçant «une campagne infâme» lancée contre «une grande personnalité». José Socrates a dénoncé vendredi dans une interview un traitement «arbitraire et despotique», qualifiant de «pure invention» les faits de corruption qui lui sont reprochés.

Train de vie trop fastueux

L'ancien dirigeant de 57 ans avait été arrêté le 21 novembre, avant d'être mis en examen trois jours plus tard pour fraude fiscale qualifiée, corruption et blanchiment d'argent. Il est, depuis, incarcéré à la prison d'Evora, dans le sud-est du Portugal. La justice se penche notamment sur des mouvements financiers suspects et les liens entre M. Socrates et l'homme d'affaires Carlos Santos Silva, son homme de paille présumé, également en détention provisoire depuis la fin novembre.

Après sa défaite électorale en juin 2011, l'ancien Premier ministre s'était installé à Paris pour faire des études de philosophie, mais le train de vie fastueux qu'il y a mené aurait été considéré incompatible avec ses revenus déclarés. José Socrates a démenti vendredi certaines informations publiées dans la presse, affirmant notamment que son chauffeur ne lui a «jamais apporté de valise d'argent à Paris». «J'ai fait plusieurs emprunts à mon ami Carlos Santos Silva pour faire face à quelques difficultés de trésorerie», s'est défendu l'ancien chef du gouvernement. Son avocat, Joao Araujo, a déposé le 19 décembre un recours devant un tribunal de Lisbonne contre le placement en détention provisoire de son client.

(L'essentiel/AFP)

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