Web – Megaupload fermé, la guerre 2.0 est déclarée

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WebMegaupload fermé, la guerre 2.0 est déclarée

La justice américaine a fait fermer le plus grand portail de partage de fichiers du monde et arrêté ses dirigeants. En représailles, les hackers d'Anonymous attaquent le Net avec virulence.

Le patron du portail Megaupload, Kim Dotcom, alias Kim Schmitz, a été arrêté en Nouvelle-Zélande. (Reuters)

Le patron du portail Megaupload, Kim Dotcom, alias Kim Schmitz, a été arrêté en Nouvelle-Zélande. (Reuters)

Coup de tonnerre dans le cadre de la lutte contre le piratage des droits d'auteurs. Les autorités américaines ont fait fermer deux sites «frères» qui auraient coûté plus de 385 millions d'euros aux détenteurs de copyright. Megaupload.com et Megavideo.com permettaient l'échange de films, de musique, de logiciels en téléchargement direct ou encore de visionner films et séries TV en ligne.

Sept personnes sont dans le collimateur de la justice, trois ont été arrêtées dont le patron du portail, Kim Dotcom, alias Kim Schmitz, en Nouvelle-Zélande. D'autres complices sont recherchés et tous risquent jusqu'à 20 ans de prison pour racket en bande organisée, conspiration en vue d'infractions au droit d'auteur ou blanchiment d'argent.

La nouvelle est tombée un jour après une action de grands sites web qui ont manifesté aux États-Unis leur désapprobation face à deux nouvelles propositions de loi - SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) - contre le piratage.

Anonymous contre-attaque, la guerre 2.0 est lancée

La nouvelle s'est répandue sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre, arrivant en tête des sujets les plus partagés du moment. À peine quelques heures après la fermeture du portail, les hackers dissidents du collectif «Anonymous», en représailles contre la décision des autorités, ont décidé d'attaquer coup sur coup plusieurs sites importants. Celui du FBI, de la Maison-Blanche, de la Recording Industry Associatioin of America, du département américain de la justice et de Universal Music étaient tous inaccessibles ou ralentis. En France, c'est le site d'Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) et de Universal Music France qui ont été touchés.

«Allez chercher du popcorn, ce sera une longue nuit» à déclaré jeudi sur Twitter un des 5 000 participants à la plus grande attaque collective de l'histoire d'Internet.

Le site avait l'appui de stars du show business

Alicia Keys, P Diddy, Serena Williams, Jamie Foxx ou encore Kanye West avaient déclaré soutenir le site megaupload.com. Peu avant son démantèlement, les responsables ont proposés à l'industrie du divertissement de collaborer avec eux et de «profiter de sa popularité».

«Nous serions heureux d'engager un dialogue. Nous avons de bonnes idées» avaient déclaré les responsables de la plate-forme de téléchargement.

Un modèle économique remis en question

Les revenus du site provenaient d'une part de la vente d'abonnements, permettant aux utilisateurs de télécharger les fichiers plus rapidement, d'autre part de la publicité.

Il sera d'ailleurs intéressant de voir comment la justice américaine va utiliser les données personnelles des utilisateurs de Megaupload qui sont désormais en sa possession. Le flou artistique régnant sur les droits d'auteurs sur Internet peut amener à un imbroglio judiciaire sans précédent dans l'histoire du web.

En outre, tous les utilisateurs des sites de partage ne sont pas des pirates en herbe. Beaucoup de gens utilisaient ce service pour stocker des données personnelles en toute légalité. Et certains payaient pour cela. Leur abonnement sera-t-il remboursé par le gouvernement américain? Qu'adviendra-t-il des fichiers légitimes que les utilisateurs stockaient en bonne foi?

Et la suite?

L'opération est énorme. La justice américaine déclare avoir collaboré avec la police des Pays-Bas et du Canada.

«Cette action est justifiée par le cas de crime contre le copyright le plus important jamais identifié par les États-Unis et vise directement le mésusage d'un site public de stockage et de distribution pour commettre et faciliter les crimes contre la propriété intellectuelle» rapportent les autorités américaines.

Néanmoins, le site spécialisé Clubic rappelle que la société Megaupload est juridiquement basée à Hong-Kong et ne dépend donc pas du droit américain. De plus la société possède des infrastructures informatiques en Europe et en Asie en plus de ceux présents aux États-Unis. Ce qui compliquent singulièrement la tâche des juges qui devront s'occuper de cette affaire.

L'essentiel Online avec Laurent Güdel/20minutes.ch

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