France – Mélenchon brandit 5 euros de courses à l'Assemblée

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FranceMélenchon brandit 5 euros de courses à l'Assemblée

Les Insoumis ont provoqué mercredi une bronca à l'Assemblée en brandissant symboliquement 5 euros de courses pour dénoncer la politique budgétaire de l'exécutif.

«Depuis votre arrivée, le Smic n'a pas été revalorisé, le gel du point d'indice des fonctionnaires a été maintenu, la CSG va être augmentée avec pour conséquence que les retraités vont voir baisser leur pouvoir d'achat», a dénoncé le député Alexis Corbière. Il a fustigé «surtout» la décision du gouvernement de baisser de 5 euros à partir d'octobre le montant versé aux bénéficiaires des aides personnalisées au logement (APL), qui attaque «les plus pauvres». Et l'élu de Seine-Saint Denis de poursuivre: «5 euros, c'est une somme qui permet de se nourrir pendant quelques jours pour beaucoup de personnes. J'ai fait les courses ce matin, elles sont là».

Les députés de son groupe ont alors brandi paquets de nouilles, de riz, boîtes de conserve et autres sachets de pain de mie. Le geste a suscité une bronca dans l'hémicycle, le chef de file des élus LR Christian Jacob criant notamment: «Qu'est-ce que c'est que ça?» L'utilisation, notamment pendant les questions au gouvernement, à l'appui d'un propos, de graphiques, de pancartes, de documents, d'objets ou instruments divers est interdite par le règlement de l'Assemblée.

«Monopole de la démagogie»

En réponse, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a défendu les économies programmées en citant diverses augmentations dont l'allocation adulte handicapé, le minimum vieillesse ou encore la prime d'activité et lancé: «Personne n'a le monopole du cœur, mais certains semblent avoir le monopole de la démagogie», déclenchant des applaudissements de la majorité. «Et moi, dans ma commune à Tourcoing, je les vois tous les jours les gens qui font les courses», a ajouté M. Darmanin, encore maire de la ville du Nord, pour qui «le meilleur moyen de faire une politique sociale c'est retrouver du travail pour tout le monde».

Après une interruption de séance, le président du groupe LR Christian Jacob a fait un rappel au règlement sur «la tenue» des débats, déplorant une permissivité «sans limites» et se demandant si le président de l'Assemblée François de Rugy est «tétanisé» par les Insoumis ou s'il «ne se sent pas capable de présider, de tenir la police de notre assemblée». «On est passé du sans cravates aux sans vestes. Maintenant, les paniers à provisions arrivent dans l'hémicycle. Jusqu'où va-t-on aller?», s'est insurgé l'élu LR de Seine-et-Marne, ironisant sur de futures séances «en short et en tongs», ou avec «des cagettes de tomates» pour «se les échanger d'une tribune à l'autre».

(L'essentiel/AFP)

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