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Cinéma «Mélusine a aujourd’hui une réputation mondiale»

Le fondateur de Mélusine Productions, Stéphan Roelants, réagit au César du meilleur film d’animation reçu par «Le Sommet des Dieux».

par
Cédric Botzung
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Le fondateur de Mélusine Productions, Stéphan Roelants.

Le fondateur de Mélusine Productions, Stéphan Roelants.

Editpress
Le film est une coproduction financée à 20% par le Grand-Duché, mais il a été réalisé en grande partie au Luxembourg.

Le film est une coproduction financée à 20% par le Grand-Duché, mais il a été réalisé en grande partie au Luxembourg.

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L’essentiel: «Le sommet des dieux» a remporté le César du meilleur film d’animation vendredi. Quelle a été votre réaction

Stéphan Roelants: On savait que c’était possible. J’étais au festival Anima pour présenter «Le sommet des dieux». C’est une bonne nouvelle, une belle récompense pour le film.

Quelle fut la genèse du projet?

Cela remonte à 2013, à Annecy. J’ai été contacté par Jean-Charles Ostoreo, qui voulait nous rencontrer, Didier Brunner (Folivari) et moi, pour nous proposer l’adaptation. Le projet m’intéressait beaucoup, mais j’avais des doutes car cela voulait dire partir sur les 1500 pages du manga de Taniguchi. On a pensé à une mini-série, puis on est resté sur le long-métrage en 2D. Après quatre ou cinq ans, plusieurs versions et beaucoup de discussions, nous avons décidé de partir sur une adaptation libre, avec un plan narratif spécifique. Nous sommes rentrés en production et le Covid est arrivé après trois mois. La majorité des travaux ont été effectués en télétravail. La ligne artistique était claire, donc ça s’est bien passé.

Toute une partie a été faite à la main, sur tablette.

Le film est une coproduction financée à 20% par le Grand-Duché, mais il a été réalisé en grande partie au Luxembourg. Oui, nous avons fait tous les décors de production, une bonne partie de l’animation. C’est un peu la spécificité de Mélusine. On vient nous chercher avant tout pour notre capacité à gérer une production, du côté administratif et artistique, et plus pour l’argent du Luxembourg

Il a pu sortir en salle au Luxembourg et en France en septembre dernier, dans un contexte particulier.

Il était sorti le 22 septembre en France et au Luxembourg, faisant 200 000 entrées et il va sortir en Belgique et aux Pays-Bas cette semaine. Avec le César, le distributeur est ravi. Netflix nous avait laissé cette fenêtre Benelux, France, Chine et Japon pour les salles.

Le rachat des droits par Netflix, une aubaine immanquable?

Oui, d’autant que nous avons de très bons rapports avec Netflix depuis le premier film, «Extraordinary Tales», en 2014. Le rachat de «Wolfwalkers» par Apple est venu titiller l’esprit de compétition. Netflix s’est positionné assez vite sur «Le sommet des dieux». Et ils ne sont pas faciles à convaincre au niveau des longs-métrages.

L’exigence artistique est votre marque de fabrique.

Quand j’ai créé le studio il y a 25 ans, nous avons fait ce choix de ligne éditoriale. Je fonctionne beaucoup au ressenti, et comme faire des films reste compliqué, autant faire le choix d’une certaine exigence. L’équipe a dû s’adapter, car nous n’avons jamais fait deux fois le même film. C’est une volonté stratégique et artistique, même si ce n’est pas simple. Mais avec quatre nominations aux Oscars, deux aux Golden Globes et six aux César, plus des sélections à Cannes, Toronto ou Berlin, nous avons une réputation mondiale. Je suis heureux des prix, fier de ma carrière, mais il faut maintenir cette qualité.

Quels sont les prochains projets de Mélusine?

Nous sommes en train de terminer le second long-métrage d’«Ernest et Célestine». C’est la première fois que nous faisons une suite. En cumulant les spectateurs en salle et les plateformes, le premier en est à 10 millions de spectateurs dans le monde, c’est colossal. Puis «Le royaume de Kensuke», le plus compliqué artistiquement qu’on n’ait jamais eu à faire, et nous commençons la production de «Slocum», un film majoritairement luxembourgeois, et qui sera le dernier film de Jean-François Laguionie, un des pères de l’animation européenne.

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