Charlize Theron – «Mes enfants ont perdu leur innocence»

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Charlize Theron«Mes enfants ont perdu leur innocence»

Quelques jours avant la sortie du film «The Old Guard», Charlize Theron raconte comment elle vit le confinement à Malibu avec ses deux enfants.

Du jour au lendemain, l’actrice a changé de métier, devenant la prof d’école d’August, 4 ans, et de Jackson, 8 ans. Un changement qui n’a pas vraiment convenu à Charlize Theron, qui sera à l’affiche de «The Old Guard», disponible dès le 10 juillet 2020 sur Netflix.

Dans le film, vous incarnez Andy, une immortelle qui essaie de faire le bien sur cette planète depuis des siècles. Comment avez-vous approché ce personnage?

Charlize Theron: Même en étant mortels, je crois que nous cherchons tous à faire du bien autour de nous. On a tous des moments de réflexion où l’on se demande ce que l’on doit changer ou entreprendre pour être heureux, mais aussi pour que ses proches le soient. Ce n’est donc pas difficile de s’identifier à mon personnage. La seule différence entre Andy et moi, c’est qu’elle le fait depuis des milliers d’années.

Le coronavirus est toujours aussi présent en Californie. Comment vivez-vous cette période?

Nous n’avons presque pas bougé de notre propriété. J’ai la chance que toute ma famille soit en bonne santé. Cela fait des années que je me sentais coupable de trop voyager pour mes tournages et que je rêvais de rester à la maison avec mes enfants. Eh bien là, je suis servie (rires). Le confinement a eu plusieurs aspects positifs pour moi, mais un gros négatif: devoir me transformer en prof.

Vous êtes devenue une bonne maîtresse d’école?

Je pensais que je me débrouillais bien jusqu'au jour où Jackson m’a dit que j’étais une très mauvaise professeure de maths! J’ai hâte que l’école reprenne. Je ne voudrais pas qu'ils fassent leurs cours à la maison sans jamais aller en classe (rires).

Vous avez adopté deux enfants noirs. Avec les événements et démonstrations des dernières semaines, avez-vous trouvé les mots pour discuter du racisme avec eux?

C’est une discussion terriblement difficile car, en tant que parent, je m’efforce avant tout de les protéger, mais j’ai réalisé que je ne devais pas leur cacher ce qui se passe depuis deux mois aux États-Unis. Expliquer à mes enfants de 4 et 8 ans ce qui est arrivé à George Floyd et à tous les autres noirs qui sont morts sans raison valable, c’est terrible. Avec nos discussions, mes enfants ont perdu leur innocence, mais c’était important de leur parler de ce que leurs ancêtres ont enduré. Le silence est dangereux en ce moment, donc je me dois de leur dire la vérité. Ils ont beaucoup changé depuis deux mois. Ils sont jeunes, mais sont devenus actifs. Quand nous allons faire les courses, ils sortent fièrement leurs pancartes Black Lives Matter, qu’ils ont faites eux-mêmes, à la fenêtre de la voiture.

(L'essentiel/Henry Arnaud, Los Angeles)

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