Métier de femme: où sont les hommes?

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Métier de femme: où sont les hommes?

LUXEMBOURG - Pourquoi nos enfants ont-ils besoin de plus de présence masculine dans les professions éducatives? Mise en bouche du débat de ce soir.

L'essentiel: Pourquoi faut-il plus d'hommes dans les professions éducatives?

Gilbert Graf, éducateur et enseignant-orienteur: La surféminisation pose problème car les enfants ont besoin de modèles masculins et féminins pour se construire. Quand un enfant n'a un premier contact avec un homme que très tard dans sa vie, cela entretient les clichés.

Quels types de clichés?

L'homme nourrit la famille et la femme s'occupe des enfants.

Pourquoi les hommes boudent-ils ces professions?

Parce que même si un homme peut travailler avec les enfants en montrant la même tendresse, attention et sagesse, qu'une femme, il est conditionné par le cliché intégré à l'enfance. La boucle est bouclée. La surféminisation est la même dans tous les métiers identifiés comme féminins: gériatrie, etc. Et même dans ces métiers, les hommes ne visent pas les mêmes postes: un homme dans une profession socioéducative ne restera pas à la base, mais cherchera faire carrière, perdant ainsi le contact avec les petits. Pareil chez les enseignants où la proportion d'hommes est plus élevée au secondaire.

Une autre raison du désamour n'est-elle pas une rémunération moindre?

Mais là encore, c'est le même cliché: le revenu de la femme est accessoire. Les métiers dit «féminins» dans la fonction publique sont dépréciés. L'égalité est un thème d'actualité, mais tout se passe comme si l'ancien modèle de société avait été transposé dans les institutions.

Et vous dans tout cela?

Moi, si c'était à refaire, je le referais.

Recueilli par Séverine Goffin

Atteindre l'égalité

21,9 % d’effectifs masculins dans le service de l’enseignement et 15 % dans les foyers scolaires, à Luxembourg-Ville comme ailleurs, dans les professions éducatives, les hommes sont encore minoritaires. Ce soir, 18 h 30, la Ville invite à une réflexion sur le thème.

Renseignements: www.vdl.lu

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