France – Michèle Alliot-Marie encore fragilisée

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FranceMichèle Alliot-Marie encore fragilisée

La chef de la diplomatie française s'est davantage enlisée dimanche dans une embarrassante controverse sur ses vacances en Tunisie, après de nouvelles révélations.

Miuchèle Alliot-Marie s'est exprimée en marge de la 47e conférence sur la sécurité à Munich (Allemagne). (AFP)

Miuchèle Alliot-Marie s'est exprimée en marge de la 47e conférence sur la sécurité à Munich (Allemagne). (AFP)

Ses interventions successives pour se justifier n'ont fait que susciter de nouvelles critiques de l'opposition de gauche, qui a appelé le président Nicolas Sarkozy à la limoger. «Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères», a-t-elle affirmé samedi soir à la radio France-Info, pour se justifier d'avoir voyagé à deux reprises à bord du jet privé d'un ami, Aziz Miled, pendant ses vacances de fin d'année en Tunisie, alors déjà en proie à des troubles sociaux qui ont débouché sur la chute du président.

«Lamentable», a rétorqué sur la même radio le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault. «On est toujours ministre de la République, qu'on soit en vacances ou en activité, on ne se met pas entre parenthèses». Quant au ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, tout en faisant valoir que les ministres avaient le droit à la vie privée et au repos, il a estimé : «quand on est membre du gouvernement (...) on l'est évidemment à temps complet».

«Je ne recommencerai pas, puisque ça choque»

La défense de la ministre des Affaires étrangères s'est trouvée mise à mal samedi quand le Nouvel Observateur a révélé que Michèle Alliot-Marie, accompagnée notamment de son compagnon, Patrick Ollier, également ministre, n'avait pas utilisé le jet d'Aziz Miled qu'une fois, pour aller à Tabarka, mais l'avait repris pour une excursion dans le sud du pays, à Tozeur. Samedi, elle a expliqué qu'elle avait pris ce jet avec des amis dans le cadre d'une excursion prévue dans le désert par M. Miled, parce que «pour aller de Tabarka à Tozeur il n'y a aucune liaison». «C'est quelque chose que je ne recommencerai pas, puisque ça choque», a-t-elle déclaré dimanche, en marge de la 47e conférence sur la sécurité à Munich (Allemagne).

Elle a de nouveau dénoncé la polémique qui la vise, disant avoir «démonté tous les mensonges». M. Miled a été présenté comme un proche du beau-frère du président tunisien déchu. Michèle Alliot-Marie le récuse, estimant qu'il est au contraire «une victime» de la belle-famille de Zine El Abidine Ben Ali qui l'a obligé à s'associer avec elle.

La confiance de François Fillon

La chef de la diplomatie française a aussi tenté de justifier sa présence en Tunisie, en proie aux troubles, en affirmant qu'il n'y avait alors pas «d'émeutes généralisées». La ministre avait déjà provoqué un tollé en proposant le 11 janvier une coopération policière au régime de l'ex-président tunisien, alors que les manifestations se multipliaient. Cette offre a cristallisé les critiques - de l'opposition française et en Tunisie - adressées à la diplomatie de la France, ancienne puissance tutélaire accusée d'avoir tardé à soutenir le soulèvement et passé sous silence le caractère autoritaire et corrompu du régime.

Arrivée aux Affaires étrangères en novembre, Michèle Alliot-Marie, 64 ans, une figure de la droite et habituée des grands ministères, traverse l'une des pires tempêtes de sa longue carrière. Jeudi, le Premier ministre François Fillon a affirmé qu'elle avait «toute (sa) confiance» et celle du président Nicolas Sarkozy.

Le président français, qui doit s'exprimer jeudi à la télévision, devra à nouveau évoquer ce sujet. «Si vous voulez donner un peu de confiance aux Français dans les institutions de la République, vous devriez changer votre ministre des Affaires étrangères», a lancé Jean-Marc Ayrault. Parmi les rares à soutenir la ministre dimanche, le député UMP Patrick Devedjian a fustigé une «chasse à l'homme (...) odieuse».

(L'essentiel Online/AFP)

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