Procès «Rubygate» – Milan compétent pour juger Berlusconi

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Procès «Rubygate»Milan compétent pour juger Berlusconi

La chef adjointe du parquet de Milan, Ilda Boccassini, bête noire de Silvio Berlusconi, a répliqué point par point, mardi, aux arguments des avocats du Cavaliere qui voulaient déplacer le procès Rubygate.

Le chef du gouvernement est jugé depuis le 6 avril pour avoir rémunéré les prestations sexuelles d'une mineure marocaine, Ruby, et pour avoir commis un abus de fonction en appelant la police de Milan afin de la faire libérer alors qu'elle venait d'être interpellée en mai 2010 pour vol présumé. Lors de deux audiences ces dernières semaines, la défense du Cavaliere arguait que la partie du procès pour abus de fonction était du ressort du tribunal des ministres, devant lequel M. Berlusconi ne pourrait comparaître qu'après un improbable vote du Parlement.

La juge Boccassini a rétorqué que M. Berlusconi a «commis un délit de droit commun et pas un délit ministériel, en abusant de sa qualité» de Premier ministre quand il a appelé la préfecture de Milan, la nuit du 27 au 28 mai 2010, pour obtenir que Ruby soit relâchée.

Refus de le déplacer à Monza

Selon des propos rapportés par les médias, Mme Boccassini a indiqué que la préfecture a été soumise «à un véritable encerclement militaire», entre les coups de fils répétés du Cavaliere, puis l'arrivée d'une succession de jeunes femmes envoyées pour «aider» Ruby à sortir du pétrin.
La juge a également rejeté la requête de la défense que le procès soit déplacé au tribunal de Monza, proche de la villa d'Arcore de M. Berlusconi où se sont déroulées des fêtes qui auraient dégénéré, selon le parquet, en parties de débauche auxquelles participait Ruby.

«Tout a commencé à Milan et s'est terminé à Milan», a stipulé Mme Boccassini, à propos du fait que Karima El Mahroug, alias Ruby, aurait été repérée à Milan par un agent de starlettes, ami de M. Berlusconi.
Depuis, Ruby a rétracté ses témoignages et affirme, comme M. Berlusconi, avoir participé à des dîners «tout à fait normaux» et n'avoir eu aucun rapport sexuel avec le Cavaliere. Ilda Boccassini a aussi indiqué avoir parfaitement «respecté les règles et la Constitution» alors que la défense se plaignait que M. Berlusconi soit jugé selon la procédure immédiate. La juge a dit avoir choisi cette voie pour favoriser «un déroulement rapide du procès».

Les trois magistrates du Rubygate trancheront le 18 juillet sur la compétence du tribunal et sur les autres «questions préliminaires» portant par exemple sur l'information de l'inculpé sur l'évolution de l'enquête, le droit de procéder à des écoutes téléphoniques etc...

(L'essentiel Online/AFP)

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