Professeur décapité – Minute de silence dans les classes du Luxembourg?

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Professeur décapitéMinute de silence dans les classes du Luxembourg?

LUXEMBOURG - Le SEW-OGBL propose une minute de silence en hommage à Samuel Paty, le professeur décapité en France. Oui, répond le ministère, mais les enseignants auront le choix.

Les professeurs pourront décider de la tenue d'une minute de silence durant leur cours.

Les professeurs pourront décider de la tenue d'une minute de silence durant leur cours.

L'onde de choc a largement dépassé les frontières de la France. Six jours après l'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie décapité en France, et au lendemain d'une cérémonie nationale à Paris, l'école luxembourgeoise réfléchit également à un hommage. En particulier le syndicat SEW OGBL, qui invite le ministère de l'Éducation nationale «à envoyer un message clair en faveur de la liberté d’expression et contre le fanatisme, l’intolérance et l’obscurantisme, en organisant une minute de silence dans les écoles».

«D'accord», pour le ministère qui laisse toutefois «libre champ aux enseignants», qui pourront également décider d'aborder ou non le sujet en classe. Questions brûlantes en France, les thèmes de la laïcité et de la liberté d'expression concernent également le Luxembourg, sans que l'actualité ne suscite des polémiques aussi vives que chez nos voisins. La mise en place en 2016 du cours «Vie et société» en lieu et place de l'instruction religieuse, avait justement pour but «de réunir les élèves dans la discussion sur les grandes questions de la vie et de la société et de leur offrir une éducation commune, fondée sur les valeurs indispensables pour construire le vivre-ensemble», rappelle le ministère.

«Une attaque contre nos libertés fondamentales et nos valeurs»

Le tout dans un contexte de «diversité croissante de la population scolaire». Pour assister les professeurs, «un cadre de référence et de nombreuses ressources pédagogiques» sont mis à disposition. Une plateforme interactive pour le travail avec les élèves a notamment été développée.

Suffisant pour éviter des remises en cause de l'enseignement pour des raisons religieuses ou éthiques? Le ministère est resté discret sur cette question. Pour Claude Meisch, l'assassinat du professeur Samuel Paty est «une attaque contre nos libertés fondamentales et nos valeurs, une attaque contre nous tous». Le ministre plaide pour «une éducation libre et éclairée».

Un avis partagé par le SEW-OGBL, qui s'est dit «sidéré et profondément endeuillé par le meurtre cruel» du professeur qui avait montré à ses élèves les caricatures du prophète Mahomet. Le syndicat a élaboré un dossier pédagogique sur la liberté d'expression et la satire, gratuitement mis à disposition des enseignants intéressés.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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