Handball en Espagne – Mireia, 1,60 m, sur le terrain avec les hommes!
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Handball en EspagneMireia, 1,60 m, sur le terrain avec les hommes!

Un match inédit s'est tenu samedi à Albacete: Mireia Rodriguez est devenue la première femme à intégrer une équipe masculine de handball en Espagne.

Club Balonmano Albacete's Spanish player Mireia Rodriguez (C) plays her first match against Cabanillas in Albacete on November 6, 2021. - Spanish handball player Mireia Rodriguez is the first woman to join a professional men's handball team. (Photo by GABRIEL BOUYS / AFP)

Club Balonmano Albacete's Spanish player Mireia Rodriguez (C) plays her first match against Cabanillas in Albacete on November 6, 2021. - Spanish handball player Mireia Rodriguez is the first woman to join a professional men's handball team. (Photo by GABRIEL BOUYS / AFP)

AFP/Gabriel Bouys

Un match inédit s'est tenu, samedi, dans la ville espagnole d'Albacete: Mireia Rodriguez est devenue la première femme à intégrer une équipe masculine de handball en Espagne. Son histoire a été médiatisée en Espagne mais aussi en Europe, et elle a été érigée en symbole dans son pays, en pointe dans les débats sur l'égalité de genre. Mais plus que sur ces débats, la joueuse insiste sur le plaisir de jouer au handball.

Mireia Rodriguez, 31 ans, une joueuse qui, en suivant son footballeur de mari recruté par le club d'Albacete dans la région de Castille-la-Manche (centre-est de l'Espagne), a voulu continuer à pratiquer son sport. Hélas, la ville ne compte pas d'équipe féminine de handball. Qu'à cela ne tienne, la jeune femme a demandé à s'entraîner avec les hommes du «Club Balonmano Albacete» (Club de Handball d'Albacete), une équipe évoluant en deuxième division régionale, le cinquième échelon national. Le club a accepté. Dès les premiers entraînements, cette boule d'énergie au gabarit modeste (1,64 mètre pour 51 kg) a impressionné ses nouveaux équipiers.

«Au début, la fédération a eu des doutes»

Le coach José Maria Valerio propose alors à sa nouvelle recrue de disputer également les matches. «J'ai dit oui, évidemment, mais que ça allait être difficile pour une femme de concourir dans la ligue masculine», raconte Mireia à l'AFP. Car les filles ne peuvent actuellement jouer avec des garçons que dans les équipes de jeunes. Le club doit obtenir le feu vert des instances sportives.

«Au début, la fédération a eu des doutes vu que c'était la première fois que cela se présentait à eux. Ils m'ont dit que c'était une colle qu'on leur posait là», se souvient l'entraîneur, ancien arbitre, qui s'est plongé dans une exégèse des textes officiels. «Au niveau territorial, il n'y avait aucune règle qui l'interdisait et ça a donc été approuvé», confirme à l'AFP Maria Lopez, la présidente de la fédération de handball de Castille-la-Manche, qui explique que les autres clubs ont été consultés et qu'aucun n'a mis son veto. Avant d'ajouter, pleine d'admiration: «Quel culot elle a quand même! Elle mesure 1,60 m et elle affronte des hommes de 2 m».

«Plus de journalistes que de spectateurs»

Une fois une tenue à la taille de Mireia commandée et pris l'habitude de demander deux vestiaires, son intégration s'est faite en douceur. «On a dû s'adapter à elle, comme elle a dû s'adapter à nous. Elle joue beaucoup plus vite que nous», reconnaît Luis Cuerda, le capitaine d'Albacete, louant son expérience (en deuxième division féminine nationale), qui, dit-il, les a obligés à développer de nouvelles combinaisons.

Conscient que les hommes sont «plus physiques, plus corpulents», l'entraîneur veut «concilier l'habileté et l'adresse d'une fille avec la force des garçons». Ce samedi d'ouverture de la saison, avec un match entre Albacete et Cabanillas, «il y a plus de journalistes que de spectateurs», sourit le commentateur après avoir présenté les équipes au micro. «Comme ça!!!», «Ici, ici!», «Allez là»: Pétillante d'énergie, le numéro 11, créatrice de vêtements pour bébés le reste du temps, est probablement la plus bruyante de l'équipe et lorsqu'elle marque son seul but du match, les applaudissements se font plus nourris.

(L'essentiel/afp)

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