30 ans après la catastrophe – «Moi je ne veux vivre qu'à Tchernobyl»

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30 ans après la catastrophe«Moi je ne veux vivre qu'à Tchernobyl»

Dans la zone d'exclusion de Tchernobyl vivent encore une centaine d'habitants, revenus pour la plupart peu après la catastrophe. Moyenne d'âge 75 ans.

A radiation sign is seen in front of the Chernobyl Nuclear Power plant after firefighters have nearly extinguished a forest fire near Chernobyl plant, which came within about 20 kilometres (12 miles) of Chernobyl after breaking out on April 28, 2015, but officials said it posed no danger to the plant and radiation levels in the zone remained unchanged. AFP PHOTO / ANATOLII STEPANOV / AFP PHOTO / ANATOLII STEPANOV

A radiation sign is seen in front of the Chernobyl Nuclear Power plant after firefighters have nearly extinguished a forest fire near Chernobyl plant, which came within about 20 kilometres (12 miles) of Chernobyl after breaking out on April 28, 2015, but officials said it posed no danger to the plant and radiation levels in the zone remained unchanged. AFP PHOTO / ANATOLII STEPANOV / AFP PHOTO / ANATOLII STEPANOV

AFP/Anatolii Stepanov

«Je ne peux pas dire pourquoi les gens veulent vivre à Tchernobyl. Quel est leur but? Le cœur les guide? La nostalgie? Qui sait?», demande Evgueni Markevitch, un solide gaillard de 78 ans. Mais «moi je ne veux vivre qu'à Tchernobyl», conclut-il.

Evgueni n'avait que 8 ans lorsque sa famille s'est installée en 1945 dans cette ville alors soviétique. «Ça nous a sauvé de la faim. Ici, on pouvait planter, récolter notre nourriture», dit-il, justifiant en partie son attachement à cette terre. «Je n'ai jamais voulu partir d'ici», lance-t-il encore.

Lors de l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale soviétique au cours d'un test de sûreté le 26 avril 1986, Evgueni était au collège devant ses élèves. «C'était un samedi, l'accident venait d'avoir lieu (...) et nous on ne savait rien à ce moment-là. On se doutait de quelque chose car on voyait des autobus, des voitures militaires qui allaient vers Pripyat», une ville de 48 000 habitants - dont le personnel de la centrale - située à trois kilomètres de Tchernobyl.

«Il y a une part de risque»

«Personne ne nous a rien dit. C'était le silence», raconte-t-il. Evgueni est finalement évacué. Mais immédiatement, il veut rentrer chez lui. Il invente alors toutes sortes de stratagème pour revenir dans la zone, alors bouclée. Il se fait passer pour un marin ou pour un policier chargé de surveiller la livraison de produits pétroliers. Il finit par rencontrer le directeur du service de surveillance des radiations de la station et il lui demande un emploi. Il en obtient un et depuis n'a plus jamais quitté la zone contaminée. Contre toute attente, il n'a jamais été malade. Pourtant, il admet planter des légumes dans son jardin et les manger. «Il y a une part de risque», dit-il simplement.

En tout, ils sont encore 158 «samosely», comme on les appelle, à vivre dans cette zone, selon un responsable de la centrale, dans de petites maisons de campagne, souvent en bois. Ils vivent chichement des récoltes de leur potager, des provisions que leur apportent les employés et les visiteurs, et se rendent si nécessaire dans la ville avoisinante d'Ivankiv, en dehors de la zone d'exclusion, pour s'approvisionner au marché local.

(L'essentiel/AFP)

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