Budget au Luxembourg: «Moins de marge de manœuvre» sur les finances publiques

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Budget au Luxembourg«Moins de marge de manœuvre» sur les finances publiques

LUXEMBOURG – Le Conseil national des finances publiques (CNFP) a livré lundi des observations sur le dernier budget de l’État.

par
Joseph Gaulier
Yuriko Backes a présenté le budget le mois dernier.

Yuriko Backes a présenté le budget le mois dernier.

Editpress

«Nous observons une recrudescence des déficits, du fait des paquets de soutien. Cela réduit les marges de manœuvre et tend vers le seuil de 30% de dette publique», observe Marc Wagener, président du Conseil national des finances publiques (CNFP). L’institution présentait lundi son avis sur le budget 2023 de l’État, annoncé en octobre à la Chambre des députés par Yuriko Backes, ministre des Finances.

Selon Marc Wagener, ce n’est «pas un budget de récession» qu’a présenté le gouvernement, car «les dépenses augmentent plus vite que les recettes, avec des mécanismes pour soutenir les ménages». Les rentrées fiscales sont amoindries par ces aides: les impôts sur la production et les importations ne vont augmenter que de 1,8% l’an prochain, au lieu de 5,2% si la TVA n’avait pas été abaissée lors de la tripartite. Les différents impôts sur les ménages restent quant à eux en progression, du fait du non-alignement du barème d’imposition sur l’inflation.

Baisse des réserves sur la Sécurité sociale et les pensions

Le CNFP estime que le Luxembourg «devrait échapper à la récession», même si cela peut évoluer du fait d’un «contexte économique incertain et volatil». Il note quoi qu’il arrive un déficit persistant du solde de l’administration centrale sur la période 2024-2026. La dette devrait ainsi frôler le seuil des 30% du PIB, qui pourrait même être dépassé en 2027.

Cette année, Marc Wagener n’émet pas de recommandation formelle suite à la présentation du budget. Selon lui, il aurait tout de même été «souhaitable que le gouvernement présente une trajectoire d’ajustement concernant le solde structurel pour les années 2024-2026». Il note aussi une diminution du solde de la Sécurité sociale (de 941 millions d’euros en 2021 à 679 millions en 2026), qu’il qualifie de «constat structurel». De même pour le régime de pension, où la baisse attendue des réserves impose «tôt ou tard une réforme structurelle».

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