Violences en France – Molestés par Benalla, ils sortent du silence

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Violences en FranceMolestés par Benalla, ils sortent du silence

Le couple violenté par Alexandre Benalla et Vincent Crase, le 1er mai, à Paris, a raconté jeudi soir comment «une simple balade en amoureux» a viré au drame.

On les surnomme «le couple de la Contrescarpe». Chloé et Georgios, les deux jeunes gens violemment interpellés par Alexandre Benalla le 1er mai, à Paris, sont sortis de leur silence. Ils sont, avec l'ex-collaborateur de l’Élysée, au centre de la vidéo publiée mi-juillet par Le Monde, faisant éclater «l'affaire Benalla». Le couple a décidé de s'exprimer dans les médias au lendemain de son audition devant les juges d'instruction et de l'audition d'Alexandre Benalla et Vincent Crase devant la commission d'enquête sénatoriale.

Dans Le Monde, sur RTL et sur le plateau de l'émission «Quotidien», Chloé et Georgios reviennent sur cette «balade en amoureux» qui a viré au drame. Ils racontent s'être rendus dans leur quartier préféré pour célébrer leur six ans d'amour. C'est là qu'ils tombent sur un apéro militant qui se tenait à cet endroit, des CRS bloquant la route.

«Il y avait une bonne ambiance, rien d'alarmant, donc on est restés sur place», explique la jeune femme. Les deux tourtereaux sont assis à une table quand la situation dérape entre manifestants et CRS. Pris dans la confusion, Georgios dit avoir reçu un gaz lacrymogène en plein visage puis avoir reçu un coup de matraque d'un CRS.

Le jeune homme s'emporte et jette une carafe sur les fonctionnaires. Un geste qu'il dit regretter, évoquant une «bêtise». En colère, sa compagne s'empare d'un «cendrier ou un sous-verre» et le balance sur les forces de l'ordre, avant de se fendre d'un bras d'honneur. «Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, c'était une réaction sanguine, complètement irréfléchie», explique Chloé sur le plateau de «Quotidien». Le couple «se retranche», pensant en avoir fini avec les forces de l'ordre.

«J'essaie de m'expliquer, mais monsieur Benalla arrive derrière moi, m'attrape par la nuque, m'étrangle, me soulève. Je reçois un coup à l'estomac, un coup sur le visage. Il me tient toujours. (…) Un CRS me frappe derrière les genoux avec sa matraque. Je tombe par terre. Et je reçois un coup de pied final de monsieur Benalla, qui m'écrase le thorax», décrit le jeune homme.

Le couple finira au poste de police, mais il réfute catégoriquement avoir donné une fausse identité à ce moment-là. Il s'est porté partie civile dans cette affaire. «Nous sommes des gens normaux. On n'est rien du tout et l'on voit que notre bourreau travaille pour l'Élysée», concluent les amoureux, encore très marqués par cette histoire.

(L'essentiel/joc)

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