Tristesse – Mort de la voix française de J.R. Ewing
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TristesseMort de la voix française de J.R. Ewing

Le comédien français Dominique Paturel est décédé lundi dernier, à 90 ans. Il avait prêté sa voix à de nombreux personnages mythiques du petit écran.

Que serait l’ignoble J.R. (Larry Hagman), sans la voix française de Dominique Paturel?

Que serait l’ignoble J.R. (Larry Hagman), sans la voix française de Dominique Paturel?

Getty

Son nom ne vous dit sans doute pas grand-chose, pas plus que son visage. En revanche, vous connaissez parfaitement sa voix, à coup sûr. Car Dominique Paturel, qui vient de mourir à 90 ans, l’a prêtée plus souvent qu’à son tour à divers personnages des plus célèbres séries télévisées américaines.

Si on vous dit Lee Majors, alias Steve Austin, dans «L’homme qui valait trois milliards» ou George Peppard, l’inoubliable Hannibal Smith de «L’agence tous risques»? Si à ceux-là, on ajoute Robert Wagner, le milliardaire Jonathan Hart de «L’amour du risque» mais aussi le père de Tony DiNozzo dans NCIS? Et que l’on vous dit que Dominique Paturel, c’est aussi la voix de l’ignoble J.R. Ewing de «Dallas», joué par Larry Hagman? Vous voyez bien que vous le reconnaissez.

Dominique Paturel a prêté sa voix à Larry Hagman (à g.) dans «Dallas», Robert Wagner dans «L’amour du risque» ou encore Lee Majors dans «L’homme qui valait trois milliards».

Dominique Paturel a prêté sa voix à Larry Hagman (à g.) dans «Dallas», Robert Wagner dans «L’amour du risque» ou encore Lee Majors dans «L’homme qui valait trois milliards».

AFP/Lorimar/AFP/Capture écran

Durant plusieurs décennies, Dominique Paturel a donc marqué l’histoire du petit écran. On a pu le voir également à l’œuvre face à la caméra, dans les années 1960 et 1970, dans des feuilletons français tels que «Le chevalier de Maison-Rouge» ou «D'Artagnan».

Formé à l’école du théâtre – il avait été un des derniers à jouer sous la direction du mythique Jean Vilar – Dominique Paturel s’était aussi distingué au cinéma: «J'ai eu une chance formidable. Peut-être que, grâce au doublage, j'ai eu ce choix de pouvoir accepter ou refuser des projets de théâtre ou de télévision qui ne me convenaient pas», aimait-il à dire.

Le doublage, donc, il l’avait également exercé pour le grand écran. Sa voix immédiatement repérable avait «habillé» des comédiens tels que Michael Caine, Terence Hill, Frank Sinatra, Vittorio Gassman et Robert Duvall. Et des films aussi mythiques que «Le lauréat», «Patton», «Barry Lyndon», «Les hommes du président», «Elephant man», «Mad Max 2» ou «Millenium».

En 1987, Dominique Paturel avait participé à une émission spéciale de «Champs-Elysées», sur France 2, consacrée à «Dallas» où il avait rencontré Larry Hagman. «De tous ceux que j’ai doublé dans des séries, je pense que c’est Monsieur Hagman, the best one», avait-il alors confié à Michel Drucker.

Ces dernières années, Dominique Paturel s’était fait plus discret, l’âge venant et la santé se faisant plus chancelante. «Mon oncle est décédé lundi soir à l'hôpital de Saint-Brieuc. Il souffrait de diabète depuis quelque temps et avait dû être amputé. Son état général s'est dégradé dernièrement», a indiqué à l'AFP, son neveu, Loïc Paturel.

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