Egypte – Moubarak forme un nouveau gouvernement

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ÉgypteMoubarak forme un nouveau gouvernement

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient sans relâche lundi au Caire pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak, malgré l'annonce d'un nouveau gouvernement.

Peu avant 17H00, ils étaient toujours des dizaines de milliers à braver tranquillement le couvre-feu, en vigueur de 15H00 à 8h00 au Caire, à Suez (est) et à Alexandrie, dans une ambiance de kermesse.

Peu avant 17H00, ils étaient toujours des dizaines de milliers à braver tranquillement le couvre-feu, en vigueur de 15H00 à 8h00 au Caire, à Suez (est) et à Alexandrie, dans une ambiance de kermesse.

AFP

À la veille de marches géantes prévues pour marquer une semaine de révolte sans précédent, le président Hosni Moubarak, qui fait face à un mouvement de contestation jamais vu en 30 ans de pouvoir, a formé un nouveau gouvernement, renouvelé pour moitié.

Le ministre de l'Intérieur Habib el-Adli, dont les manifestants réclamaient le départ, a été remplacé par un haut responsable de la police, Mahmoud Wagdi. Et il n'y a plus de ministre issu du milieu des affaires, considéré comme proche de Gamal Moubarak, fils d'Hosni et conspué lui aussi par les manifestants.

Grève générale et marches d'un million

Le mouvement de contestation a lancé lundi un appel à la grève générale et a appelé à des «marches d'un million» de personnes mardi au Caire et à Alexandrie (nord), pour faire pression sur le régime après une semaine de manifestations incessantes qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés.

Le trafic ferroviaire a été suspendu lundi, empêchant les mouvements vers la capitale. Et pour diffuser leurs messages, les manifestants comptaient sur le bouche-à-oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.

Marée humaine sur la place Tahrir

Lundi après-midi, une marée humaine a de nouveau déferlé sur la place Tahrir (place de la Libération), épicentre de la contestation dans le centre du Caire depuis le 25 janvier. Peu avant 17H00, ils étaient toujours des dizaines de milliers à braver tranquillement le couvre-feu, en vigueur de 15H00 à 8h00 au Caire, à Suez (est) et à Alexandrie, dans une ambiance de kermesse.

Venus en famille ou en groupes, à peine contrôlés à l'entrée de la place par des soldats qui ouvraient juste les sacs et les cartons de nourriture, ils exigeaient la fin de la corruption, des privations et de l'oppression policière.

«Nous avons eu peur pendant trente ans, c'est fini»

«Pas de changements de visage, un changement de régime !» ou «Le sang des martyrs n'aura pas été versé en vain !», scandaient les manifestants. «J'habite à 80 km du Caire, je suis ici depuis trois jours. J'ai prévenu mes enfants: je ne rentrerai pas à la maison tant que ce régime pourri ne sera pas tombé. Nous avons eu peur pendant trente ans, c'est fini», a affirmé Ramadan El Yamani, un professeur de 49 ans.

Au septième jour de mobilisation, le pays était en partie paralysé. La plupart des distributeurs de billets étaient vides, les banques fermées, et la réouverture de la Bourse du Caire, qui a plongé la semaine dernière, n'était pas prévue avant mercredi au plus tôt. L'agence de notation Moody's a dégradé lundi d'un cran la note de l'Egypte, et envisageait de l'abaisser encore à moyen terme.

L'essentiel Online avec AFP

Le vice-président égyptien Omar Souleimane a annoncé lundi soir lors d'une brève allocution télévisée avoir été chargé par le président Hosni Moubarak d'ouvrir un dialogue immédiat avec l'opposition, au septième jour d'une contestation sans précédent contre le régime?

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