France/Grand Est: Muté de force, en 2020, pour avoir dénoncé ceux qui ne portaient pas le masque

Publié

France/Grand EstMuté de force, en 2020, pour avoir dénoncé ceux qui ne portaient pas le masque

NANCY – Le tribunal administratif de Nancy a demandé, mercredi, l'annulation de la sanction contre un inspecteur du travail, muté d'office car accusé d'avoir désobéi à sa hiérarchie sur la question des masques au début de la pandémie.

AFP

Le tribunal administratif de Nancy a demandé, mercredi, l'annulation de la sanction contre un inspecteur du travail, Anthony Smith, muté d'office après le premier confinement du printemps 2020, car accusé d'avoir désobéi à sa hiérarchie sur la question des masques au début de l'épidémie de Covid-19. M. Smith, inspecteur du travail dans la Marne, avait dans un premier temps été mis à pied en avril 2020, en plein confinement, alors que Muriel Pénicaud était ministre du Travail. Sa successeure, Elisabeth Borne, avait transformé la sanction en mutation d'office en Seine-et-Marne, avant de finalement adoucir la punition en mutation d'office dans la Meuse, plus près de son domicile.

Il avait été mis à pied pour avoir engagé une procédure à l'encontre d'une structure d'aide à domicile, dont les salariés tombaient malades faute de masques. «La sanction prononcée, la mutation forcée, est disproportionnée compte tenu de la faible gravité des faits reprochés», a souligné mercredi devant le tribunal la rapporteure publique, Clémence Souza-Pereira, qui a requis son annulation.

«J'espère qu'on aboutira à l'annulation de la sanction»

«Je suis serein», a déclaré Anthony Smith à l'issue de l'audience. «Les conclusions de la rapporteure publique sont très claires, et j'espère qu'on aboutira à l'annulation» de la sanction. Il lui était reproché d'avoir exigé la mise à disposition d'équipements de protection individuelle, notamment des masques, et la mise en oeuvre de mesures de protection contre le Covid-19 au bénéfice de salariées d'une association d'aide à domicile à une époque où les masques, qui faisaient défaut, n'étaient pas obligatoires.

«Ce dossier est vide, je n'ai fait que mon travail d'inspecteur du travail», a ajouté M. Smith, entouré par plusieurs dizaines de personnes, dont les députées LFI Mathilde Panot et Caroline Fiat, venues le soutenir. Il a fustigé une sanction prise «pour des raisons politiques» et une «attaque contre les inspecteurs et inspectrices du travail». Son avocat, Me Renaud Fages, a quant à lui dénoncé un "dossier monté de toutes pièces", "pour taper sur un syndicat, la CGT", organisation dont son client est adhérent.

L'affaire a été mise en délibéré au 19 octobre.

AFP
(AFP)

Ton opinion

6 commentaires