Assurances – Naissance d’un nouveau mastodonte de l'assurance

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AssurancesNaissance d’un nouveau mastodonte de l'assurance

Les assureurs mutualistes français Macif, Maif et Matmut ont officialisé mercredi leur union libre sous la forme d'une société commune, baptisée Sferen, donnant naissance au numéro un français en assurance auto.

De gauche à droite: Gerard Andreck (MACIF),  Roger Belot (MAIF) and Daniel Havis (MATMUT) ont scellé un accord. (AFP)

De gauche à droite: Gerard Andreck (MACIF), Roger Belot (MAIF) and Daniel Havis (MATMUT) ont scellé un accord. (AFP)

La nouvelle entité est une société de groupe d'assurance mutuelle (Sgam), sorte de holding chapeautant les trois mutuelles, dont la constitution ne changera rien, en tout cas dans l'immédiat, pour leurs assurés. Sur le papier, il s'agit d'un mastodonte de 9,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et de 10,3 millions de sociétaires, qui doit constituer un socle permettant de faire face aux enjeux actuels de concurrence, de développement et de réglementation.

Cette société, dont le projet avait été dévoilé en mars, aura pour premier président le PDG de la Maif Roger Belot, qui occupera temporairement les fonctions de directeur général en attendant la désignation, début 2010, d'un directeur général sans doute choisi dans l'un des trois établissements. Aux côtés de M. Belot, nommé pour deux ans sur le principe d'une présidence tournante, le président de la Macif Gérard Andreck et le PDG de la Matmut Daniel Havis occuperont la fonction de vice-présidents.

Partenaires mais «totalement concurrents»

«Si nous voulons que notre modèle mutualiste conserve sa place, il faut s'allier», a fait valoir M. Belot mercredi lors d'une conférence de presse, tout en précisant ensuite que les trois assureurs resteraient «totalement concurrents».

La Sgam, qui doit encore recevoir le feu vert des autorités réglementaires, est en effet d'abord une plate-forme commune, qui favorise la mise en commun de moyens, mais chaque assureur conserve son identité propre, sa marque et ses sociétaires.

Cette union n'est pas exclusive et a «vocation à s'ouvrir à d'autres structures de l'économie sociale», notamment des mutuelles de santé ou des institutions de prévoyance, a expliqué M. Belot. Bien que leurs placements aient souffert de la crise financière, comme ceux de tous les assureurs, les trois mutualistes en sont sortis relativement bien et n'abordent pas ce mariage fragilisés.

Solidarité en cas de problème de trésorerie

Néanmoins, ils font face à un environnement très concurrentiel en assurance de dommage (automobile, habitation et entreprise), particulièrement en automobile, qui pèse encore très lourd dans leurs revenus. Déjà faibles, les marges y sont affectées par la hausse du nombre de sinistres constatée cette année, traduite notamment par les mauvais chiffres de la sécurité routière, et du coût associé aux réparations.
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M. Belot a néanmoins rappelé que le projet ne prévoyait pas de suppression d'emplois, les partenaires espérant même en créer grâce à leur union. La plate-forme Sferen offre également la possibilité de développer de nouvelles offres en commun, notamment dans les services à la personne. Si aucun des trois assureurs n'affiche de difficultés dans ce domaine, la vocation de ce mariage est aussi d'assurer la solidarité financière entre établissements.

En cas de problème de solvabilité ou de trésorerie, cette solidarité pourra permettre à l'un des trois mutualistes de bénéficier d'un soutien financier assuré par ses deux partenaires et pouvant aller jusqu'à 200 millions d'euros.

lessentiel.lu avec AFP

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