Natasha St Pier: «J'étais indécise»

Publié

Natasha St Pier: «J'étais indécise»

La chanteuse d'origine canadienne a confié à L'essentiel qu'elle n'avait plus envie de faire son métier.

L'essentiel: Votre nouvel album est éponyme. Pourquoi avez-vous fait le choix de donner votre nom à ce disque?

Natasha St Pier: J’y parle beaucoup de ma vie, des gens qui m’entourent, de mes aspirations et de mes envies. J’avais trouvé avec mon équipe beaucoup de titres pour l’album mais à chaque fois, j’avais l’impression de faire abstraction d’une partie du disque. C’est étrangement en regardant les photos que j’ai eu l’idée de l’appeler «Natasha St Pier». De nombreux univers étaient mis en valeur et je me suis rendu compte que je les reliais. Je revenais après deux années de pause et je faisais un changement musical. Je me suis dit que c’était le bon moment pour faire le fameux disque éponyme.

Vous avez amorcé cet album avec le titre « Embrasse-moi ». Pourquoi avez-vous commencé avec cette chanson très différente de ce que l’on connaissait de vous?

J’aime particulièrement cette chanson. C’est toujours assez compliqué de choisir le premier single, surtout quand un disque marque un tournant musical comme c’est ici le cas. Je tenais à indiquer la différence dans mes choix musicaux sans déstabiliser le public et «Embrasse-moi» est apparu comme une évidence. Je ne voulais pas sortir le nouveau single «1,2,3» en premier car il est plus que les autres titres dans la lignée des albums précédents.

Vous sortez ce nouveau titre pour rassurer une partie de votre public ou il était prévu dès le départ qu’il succède à «Embrasse-moi»?

C’est un ordre logique. Cela aurait été une fausse représentation de sortir «1,2,3» en premier car les gens allaient imaginer l’album dans cette couleur musicale. C’est une chanson que j’aime beaucoup mais il n’aurait pas été très honnête de commencer la promo avec ce titre. «Embrasse moi» est plus à l’image du disque.

Malgré ce changement musical, vous restez fidèle à Pascal Obispo. Que représente-t-il pour vous?

C’est un collaborateur de longue date mais également un ami. C’est rassurant de pouvoir compter sur lui. Lors de la réalisation de cet album, il a cependant été moins présent que sur les précédents. Pascal a principalement fait la réalisation des prises de voix. Il a certainement voulu me préparer à travailler de façon plus autonome et voir ce que cela peut donner. Il m’a présenté de nouvelles personnes dont John Mamann qui a fait plusieurs musiques de l’album et qui a réalisé toutes les instrumentations.

Que vous a apporté le fait de travailler avec une nouvelle équipe?

Tout en ayant la confiance que m’apporte le soutien de Pascal, j’ai travaillé avec de nouveaux avis et cela m’a permis de mieux préciser mes choix artistiques. J’avais plus de challenges à relever et j’ai osé plus de choses qu’auparavant. C’est un processus très agréable à travers lequel je pense avoir beaucoup évolué.

L’album «Longueur d’ondes» s’était bien vendu avec environ 200 000 exemplaires, ce qui est cependant moins important que ses deux prédécesseurs. Aviez-vous une pression particulière pour celui-ci?

Pas vraiment car je sais que le marché du disque est devenu de plus en plus difficile. En ce qui me concerne, l’important est déjà de rester la tête hors de l’eau. Je veux encore exister quelques années en espérant qu’un jour, la situation générale des ventes de disques s’améliore. Je pense qu’il y a aujourd’hui très peu d’artistes qui espèrent vendre un million d’albums. Je sais consciemment que je ne vendrai plus 700 000 exemplaires d’un même album comme j’ai pu le faire. Je pense en avoir encore les capacités mais le contexte n’est plus du tout le même.

Pourquoi avoir pris plus de deux ans pour cet album?

Je n’avais plus vraiment l’envie de faire ce métier, je ne m’y retrouvais plus. J’étais dans une période d’indécisions et j’avais parfois même l’envie de retourner à ma première passion qui est infirmière. J’ai préféré ne rien faire pendant cette période plutôt que de faire un album sans motivation. Le temps m’a permis de me retrouver et de revenir vraiment en phase avec la musique.

Pensez-vous que le fait d’avoir démarré votre carrière très jeune vous a fait passer à côté de certaines choses que vous avez voulu rattraper pendant cette pause?

Je ne le pense pas car j’ai eu une enfance très équilibrée et j’ai eu la chance de faire beaucoup d’activités telles que de la danse, du piano, du patinage artistique, du théâtre… J’ai déjà plus de dix ans de carrière et je pense que cela m’a surtout permis d’être mature plus vite. Cela m’a beaucoup aidée.

Votre carrière internationale a notamment commencé grâce au rôle de Fleur de Lys que vous avez tenu dans «Notre Dame-de-Paris». Que retenez-vous de cette expérience?

J’ai adoré la comédie musicale car c’est une parenthèse dans la vie d’un artiste. On habite à l’hôtel, on peut rester un mois dans une même ville donc ça devient une deuxième maison. La troupe devient un noyau familial. Je suis également passionnée par le théâtre donc dans un tel spectacle, je peux l’allier à la musique. Si une belle opportunité se représente à moi, il n’est pas dit que je ne la saisisse pas car j’ai vraiment aimé cette expérience.

L’Eurovision a également été un tremplin pour votre carrière. Vous avez été classée 4e avec la chanson «Je n’ai que mon âme». Quel regard portez-vous sur cet événement qui a marqué votre parcours?

L’Eurovision ne m’a apporté que des avantages. Cela se passait dans la belle ville de Copenhague, au Danemark. J’ai fait un bon résultat, ce qui m’a d’ailleurs permis de faire une grande tournée. Je n’ai pas eu à vivre des critiques négatives de la part des médias. La seule chose difficile est que j’arrivais du Canada et que je commençais en Europe par un gros événement. J’avais déjà des habitudes de travail et c’est plus difficile d’en acquérir de nouvelles plutôt que de partir de rien.

D’autres artistes canadiens tels que Céline Dion, Isabelle Boulay et Garou ont également trouvé le succès en Europe. Comment expliquez-vous ce plébiscite?

Je pense que le public choisit ce qui le touche. Nous sommes dans une période où la culture est devenue un luxe. Si on décide d’acheter un album, c’est que l’on en a vraiment envie et qu’il apporte quelque chose. Je pense que les gens sont moins liés qu’avant à l’origine des chanteurs. L’essentiel est d’aimer les chansons.

Recueilli par Nikolas Lenoir

Natasha St-Pier Et Pascal Obispo - Embrasse Moi (New)envoyé par wonderful-life1989. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Ton opinion