Opposant à Poutine – Navalny se dit «harcelé» par les autorités russes

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Opposant à PoutineNavalny se dit «harcelé» par les autorités russes

L'opposant numéro un au président russe a dénoncé mercredi devant la Cour européenne des droits de l'homme le harcèlement des autorités russes à son égard.

Navalny a appelé au boycott de la présidentielle russe, qu'il considère comme jouée d'avance.

Navalny a appelé au boycott de la présidentielle russe, qu'il considère comme jouée d'avance.

AFP

Alexeï Navalny a demandé aux juges de reconnaître les «motivations politiques» de ses nombreuses arrestations. «Au cours des dernières années, j'ai été incarcéré pas moins de sept fois. L'année dernière, j'ai passé deux mois en cellule pour avoir exercé notre droit à la liberté de réunion», a-t-il rappelé au cours de son intervention devant les 17 juges de la Grande Chambre, l'instance suprême de la CEDH.

«La probabilité que cela ait lieu "sans coordination politique" est aussi faible que de rencontrer dans cette cour des droits de l'Homme... un dinosaure», a ironisé le charismatique avocat anticorruption frappé inéligibilité pour l'élection présidentielle du 18 mars. Veste bleu marine, chemise claire et cravate rouge, Alexeï Navalny, 41 ans, avait pris place derrière le pupitre réservé aux requérants. L'audience a duré près de trois heures.

«Grand éléphant qui écrase tout»

Les 17 juges ont entendu tour à tour les observations et les arguments de ses avocates, Olga Mikhaïlova et Anna Malyan, et ceux du représentant du gouvernement russe, Mikhaïl Galperine. Alexeï Navalny a dénoncé en vain ces arrestations devant les juridictions russes avant de saisir la CEDH, introduisant cinq requêtes entre 2012 et 2014. La tribune offerte par cette audience a pris une dimension symbolique à quelques semaines de la présidentielle russe.

Rappelant aux magistrats européens le contexte politique en Russie, Alexeï Navalny a déploré une «volonté du gouvernement russe d'exclure toute forme d'opposition». Dans un plaidoyer de sept minutes, il a demandé à la Cour de donner «une réponse» favorable à ses requêtes. «Valider les agissements de l'Etat russe reviendrait à ne pas remarquer le grand éléphant qui écrase tout», a-t-il souligné. La décision, qui sera définitive et sans appel, n'est pas attendue avant plusieurs mois, et donc après la présidentielle russe.

Les représentants du gouvernement russe ont balayé les arguments des avocates d'Alexeï Navalny et réfuté toute motivation politique. Ils ont rappelé que tout rassemblement public doit être notifié au préalable aux autorités, comme c'est le cas ailleurs en Europe.

(L'essentiel/AFP)

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