Discours du Grand-Duc – «Ne baissons pas la tête en ces temps difficiles»
Publié

Discours du Grand-Duc«Ne baissons pas la tête en ces temps difficiles»

LUXEMBOURG - Dans son traditionnel discours de Noël, le Grand-Duc Henri a bien sûr beaucoup évoqué la pandémie qui a frappé le pays et le monde.

«L'année 2020 fut pour nous tous un énorme défi, tel que nous n'en avons pas connu au cours des décennies». Le discours de Noël du Grand-Duc, diffusé ce 24 décembre, a forcément été marqué par la crise du coronavirus. «Oui, nos libertés ont été particulièrement restreintes. Et ceci d'une manière inédite», a admis Henri. «Mais ces mesures sont nécessaires pour protéger nos concitoyens, nos proches et nous-mêmes, et elles sont limitées dans le temps».

Le souverain évoque aussi un état de crise inédit depuis la Seconde Guerre mondiale («une décision difficile avec des implications lourdes, soutenue par l'ensemble de la Chambre des députés»). Mais il ne manque pas de souligner que les débats à la Chambre continuent, pour trouver «un juste équilibre entre des mesures strictes et moins strictes. C'est aussi ça la démocratie vécue».

Le vaccin pour «renouer avec une vie sans peur»

Le Grand-Duc rappelle aussi que «les scientifiques, les médecins et les gouvernements continuent de déployer leurs efforts à la recherche des meilleurs moyens afin de protéger la population». Et d'évoquer le vaccin qui arrive très bientôt, qui «nous permettra de renouer avec une vie sans peur et de retourner doucement vers la normalité. C'est notre espoir et notre but! Mais la patience s'impose».

Le bilan de la pandémie ne laisse bien sûr pas le Grand-Duc indifférent. «Mes premières pensées vont vers ceux qui ont perdu la vie à cause du Covid, ainsi qu'à leurs familles et amis. Il importe beaucoup à la Grande-Duchesse et à moi-même de vous exprimer nos plus sincères condoléances». Le chef de l'État a aussi une pensée pour ceux qui souffrent des symptômes du virus, de ses séquelles («À vous ainsi qu'à tous ceux qui sont malades, nous souhaitons courage») et pour les personnes âgées et vulnérables «souvent seules», les enfants, adolescents et jeunes qui vivent une période «particulièrement difficile».

Sans les frontaliers, «nous n'y arriverons pas!»

Le Grand-Duc profite également de son discours pour adresser «un grand Merci» aux enseignants et à tous ceux qui exercent un métier essentiel. Il évoque bien sûr aussi le secteur médical. «La pression qui pèse sur vous est immense et malgré tout, vous accomplissez un travail formidable». Des remerciements qui s'adressent aussi aux frontaliers: «Chacun de vous joue un rôle important. Sans vous, nous n'y arriverons pas!» Et de se réjouir de la solidarité nationale. «Je suis impressionné par la cohésion de notre pays, une cohésion qui dure depuis des mois».

Si le Grand-Duc évoque aussi les répercussions de la pandémie sur notre économie, avec de nombreux secteurs en souffrance, il estime que le Luxembourg s'en sortira avec le multilatéralisme. «Un nationalisme aveugle n'apporte aucune solution aux défis actuels». L'importance d'une action contre le changement climatique, les 20 ans «où j'ai été heureux et fier d'avoir le privilège de servir les intérêts du pays et de ses habitants», l'«énorme joie» de la naissance du prince Charles... Le Grand-Duc évoque aussi d'autres sujets.

«Après l'obscurité vient la lumière!»

«Ces jours de fin d'année me semblent propices à une introspection personnelle» pour «se rendre compte de ce qui compte vraiment: la famille, les amis et le fait d'être présent - les uns pour les autres». Si l'inquiétude est là, «ce qui importe c'est de ne pas se résigner».

Le Grand-Duc Henri en profite pour rappeler l'appel de sa grand-mère, la Grande-Duchesse Charlotte, en 1942, quand les nazis occupaient le pays. «Surtout ne baissons pas la tête en ces temps difficiles». Il y ajoute une note d'optimisme. «Après l'obscurité vient la lumière!».

(jw/L'essentiel)

Ton opinion