Tennis - Roland-Garros – «Neuf titres, c'est trop irréel pour l'imaginer»

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Tennis - Roland-Garros«Neuf titres, c'est trop irréel pour l'imaginer»

Olivier Mutis, seul Français à avoir battu Rafael Nadal sur terre battue en septembre 2004, aujourd'hui entraîneur à la Fédération luxembourgeoise de tennis, estime que le battre à Roland-Garros reste «le défi ultime».

Raffael Nadal soulèvera-t-il un dixième trophée à Roland-Garros?

Raffael Nadal soulèvera-t-il un dixième trophée à Roland-Garros?

AFP/Miguel Medina

L'ex-joueur français, 37 ans et ancien 71e mondial, qui s'occupe aujourd'hui des espoirs à la Fédération luxembourgeoise de tennis, avait conscience d'être face à «un phénomène» à l'époque, mais ne s'imaginait pas qu'il serait autant titré à Roland-Garros, qui débute dimanche.

Vous parle-t-on encore de cette victoire (6-3, 6-3) en 2004 en huitième de finale à Palerme (Italie)?

Un petit peu, surtout lorsque la saison sur terre battue reprend. Quand un Français affronte Nadal, je fais aussi un peu plus attention. Ce serait sympa de conserver ce petit record, même si j'espère qu'un autre Français le battra en demi-finale de Roland-Garros.

Aviez-vous conscience d'être face à un futur très grand?

C'était sa première saison complète sur le circuit. Il était monté 30e ou 40e mondial (49e, NDLR) et il avait battu presque à lui seul la France en Coupe Davis (deux victoires, en simple et en double en demi-finale). Les gens savaient que c'était un phénomène. Mais on ne pouvait pas prédire ce qu'il a réalisé à Roland-Garros. Gagner un ou deux titres, on s'y attendait mais pas neuf. C'était trop irréel pour l'imaginer.

Comment aviez-vous réussi à le battre?

J'avais un jeu qui pouvait embêter les Espagnols. Et ce jour-là, j'avais fait un très, très bon match. À l'époque, il y avait quand même quelque chose à faire sur le revers de Nadal et sur ses deuxièmes balles. On pouvait l'agresser dans ces secteurs, car il avait encore du mal à ajuster ses passings, chose qu'il a travaillé ensuite. Un an après, ce n'était pas la même chose. Il était devenu impressionnant.

Ses succès sur les autres surfaces vous ont-ils surpris?

Oui, un peu. Je ne pensais pas qu'il arriverait à s'adapter si vite sur ciment rapide ou gazon. Autant à l'Open d'Australie, on pouvait imaginer de belles choses pour lui mais gagner à Wimbledon, à l'US Open... C'est en cela qu'il est devenu un grand champion. Après ses quatre premières victoires à Roland-Garros (de 2005 à 2008), il a continué à travailler son service, son slice pour prouver qu'il n'était pas qu'un joueur de terre.

Le pensez-vous capable de gagner un dixième Roland-Garros cette année?

Bien sûr. Je le place parmi les quatre favoris. Battre "Rafa" à Roland reste le défi ultime sur terre. À Roland, il y a une certaine atmosphère. Et mentalement, on ne le bat pas comme ça. Seul (Robin) Söderling l'a fait (2009). Il y aura quand même ce cap mental à dépasser même si c'est l'année où jamais pour (Novak) Djokovic. Les défaites récentes de Nadal en Masters 1000, ce n'était qu'en deux sets gagnants. Les gars étaient à fond. Mais sur le Central, et en trois sets gagnants, ce sera une autre affaire, même si on ne peut pas nier qu'il est moins bien que d'habitude.

Comment le trouvez-vous justement?

J'ai vu son match contre (Stan) Wawrinka à Rome (quarts). Je l'ai trouvé assez nerveux. On sent qu'il essaie de retrouver une certaine confiance et qu'il n'a pas l'habitude de se retrouver dans ce genre de situation. Il montre un peu trop ses émotions, je pense. Son corps est peut-être aussi un peu usé à force d'avoir tellement donné. Mais, on le sent quand même à fond de ce côté-là.

(L'essentiel/AFP)

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