Bande dessinée – New York, mais pas celle que l'on rêve et idéalise
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Bande dessinéeNew York, mais pas celle que l'on rêve et idéalise

À l'heure où les premiers gratte-ciel se montent à New York, Sacha, jeune émigré, essaye de vivre son rêve américain.

Début du XXe siècle. New York. Le nouveau monde. L’espoir pour de nombreux immigrants qui débarquent à Ellis Island.

Début du XXe siècle. New York. Le nouveau monde. L’espoir pour de nombreux immigrants qui débarquent à Ellis Island.

Début du XXe siècle. New York. Le nouveau monde. L’espoir pour de nombreux immigrants qui débarquent à Ellis Island. Le rêve américain pour Sacha, jeune émigré d’Europe de l’Est, venu rejoindre son cousin Pavlo. Mais la femme de ce dernier le trouve encombrant et Sacha finit dans les combles d'un appartement qu’une vieille excentrique a légué, en mourant, à ses... chiens. À la recherche d’un travail qui rime avec syndicat et mafia, Sacha se retrouve à monter des gratte-ciel grâce à l’arrivée de Tonio…

«Je rêvais de New York à cette période et d'un personnage quasi muet qui permettrait de mettre en avant l'ambiance plutôt qu'une intrigue», explique le dessinateur, David François. Il a retrouvé Régis Hautière, son associé sur «De briques et de sang», pour lui écrire cette fresque humaine et sociale qui nous refait vivre la grande aventure des premiers grands buildings new-yorkais. «Nous voulions que le lecteur se retrouve comme Sacha à découvrir New York pour la première fois. D'où les premières images avec Ellis Island, l'endroit où les bateaux arrivaient chargés d'étrangers venus vivre le rêve américain», dit Régis Hautière. Comme dans «The Immigrant», le film de James Gray avec Marion Cotillard et Joaquin Phoenix, le rêve de Sacha tourne vite au cauchemar.

«Sacha n'a pas vraiment de charisme. C'est un doux rêveur plongé dans un monde plus cruel qu'il n'avait pu l'imaginer. Il va devoir s'adapter pour s'en sortir», explique David François. Pour imaginer ce New York d'un autre temps, Régis Hautière a relu «Le voyage au bout de la nuit», de Céline, et la description qu'il fait de cette ville tentaculaire en la découvrant pour la toute première fois. David François y a apporté une touche très personnelle, avec un New York très souvent bien plus sombre vu l'époque que le New York fantasmé d'aujourd'hui. C'est dans ce décor encore en construction que Sacha tente de faire son trou. Tout en haut des gratte-ciel en construction, il domine cette ville monstre qu'il doit apprivoiser. S'il ne le fait pas, il sait qu'elle finira par le dévorer.

«Un homme de joie T. 1/2 - La ville monstre». Hautière et François. Casterman.

(Denis Berche/L'essentiel)

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