Concert: Nick Cave, envolées cathartiques au Luxembourg

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ConcertNick Cave, envolées cathartiques au Luxembourg

ESCH-BELVAL – Nick Cave & The Bad Seeds ont offert un spectacle hors-du-temps, mardi soir, à la Rockhal proposant aux 3 200 spectateurs près de 2h30 d'intensité émotionnelle.

par
Thomas Holzer
Dés le début du spectacle, Nick Cave a réalisé une incursion dans la foule.

Dés le début du spectacle, Nick Cave a réalisé une incursion dans la foule.

Den Atelier - angeben

Au mois de mai dernier, Nick Cave avait la douleur de perdre son fils Jethro, âgé de 30 ans. Six ans plus tôt, un autre enfant du chanteur, Arthur Cave, mourrait accidentellement à l'âge de 15 ans en chutant d'une falaise à Brighton. Malgré des plaies à vif, l'artiste australien n'a pas évoqué ces drames lors de son concert organisé par L'atelier à la Rockhal, mardi soir.

Verbaliser eût été superflu, la souffrance transpire de sa musique. Rock comme cette entrée surpuissante sur scène, mélancolique au moment où sa voix de baryton se pose sur les notes de piano de «Bright Horses» et de «Waiting For You», deux extraits de «Ghostseen» (2019), la démonstration a été totale et la catharsis omniprésente.

Des soubresauts de l'âme d'un musicien légendaire qui crache littéralement ses joies et peines sur scène. Près de 2h30 de spectacle pour le plus grand bonheur des 3 200 spectateurs présents en plein cœur de l'été pour un moment hors du temps.

«Sacré Luxembourg, vous êtes des foutus agitateurs», lançait avec humour l'artiste de 64 ans, accompagné de son acolyte Warren Ellis et de ses musiciens, les Bad Seeds. Un spectacle de Nick Cave, c'est aussi une foule d'instruments et des voix qui s'entrechoquent: guitare, batterie, basse, violon, harmonica et des inspirations gospel portées par un trio de choristes merveilleux.

La richesse musicale à l'état pur au service d'un storytelling lié à l'amour et la souffrance. Showman hors pair, Nick Cave est apparu comme habité par son art, passant une bonne partie de sa prestation à toucher les mains de ses fans, une manière de se lier encore un peu plus à son auditoire en interprétant les «highlights» de 50 ans de carrière.

Den Atelier - angeben

Il est de coutume de dire que James Brown a probablement été le premier rappeur. Alors que l'introspection et les démons intérieurs partagés au grand jour ont pris une place prépondérante au sein de la musique contemporaine, Nick Cave pourrait être le père du genre «emo». «Pouvez-vous ressentir mon cœur battre? Respire juste», scandait-il à de multiples reprises à l'issue de ce show dantesque. Mardi soir à la Rockhal, la musique de Nick Cave n'a jamais paru aussi actuelle…

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