Affaire Luxleaks – «Nous avons pris l'information au sérieux»
Publié

Affaire Luxleaks«Nous avons pris l'information au sérieux»

LUXEMBOURG - Après un briefing de Conseil de gouvernement compliqué, le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), s'est une nouvelle fois expliqué devant les députés en Commission, vendredi soir.

Vendredi a probablement été une journée nerveusement épuisante pour Pierre Gramegna, ministre des Finances. Sur le gril depuis plus d'une semaine suite aux révélations Luxleaks, le ministre n'a de cesse de répéter les mêmes arguments: le Luxembourg a agi «de manière légale» et le gouvernement a agi «aussitôt qu'il en a été informé». Problème: les dernières informations publiées font état d'une connaissance du dossier bien avant leur publication. Et face à la contradiction, évoquée vendredi lors du briefing du Conseil de gouvernement, le ministre est sorti de ses gonds, face aux questions des journalistes.

Une première épreuve qui a été suivie, quelques heures plus tard, par un second grand oral. Devant les députés membres de la commission Finances et Budget cette fois-ci. Convoquée à 18h par le CSV et l'ADR, la réunion à huis clos intervient une semaine après une rencontre identique au cours de laquelle l'union sacrée avait été déclarée pour défendre la position luxembourgeoise. Mais cette fois-ci, l'ambiance ne semblait plus être à la connivence. Assurant avoir «appris le 30 ou 31 octobre de sources concordantes» qu'une enquête internationale de journalistes était sur le point de sortir, le ministre assure en avoir informé le Premier ministre «à ce moment-là».

Réponse apportée au consortium de journalistes

Selon le compte-rendu de cette réunion, Pierre Gramegna a évoqué avec Xavier Bettel «de l’imminence de la publication et non de l'ampleur de l'enquête». Et le ministre de préciser que «l’ampleur de l’attaque ne nous est apparue qu’avec la publication des premiers articles de presse au soir du 5 novembre.» Une explication loin d'avoir convaincu l'opposition, le CSV critiquant notamment le manque d'anticipation du gouvernement. «Vous auriez dû vous douter que ce serait du solide», a ainsi souligné le député Laurent Mosar, cité sur le site de la Chambre.

Un reproche qu'a démenti Pierre Gramegna, ce dernier assurant que «nous l’avons bien pris au sérieux». Preuve en serait la réponse apportée au questionnaire du consortium des journalistes, selon le ministre. Un document envoyé le 14 octobre dernier, soit près de trois semaines avant la publication des 28 000 documents incriminant.

(Jmh/L'essentiel)

Ton opinion