Réalité augmentée – Nous avons testé pour vous les Google Glass

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Réalité augmentéeNous avons testé pour vous les Google Glass

LUXEMBOURG - L'un des premiers utilisateurs français des lunettes connectées de Google a dévoilé le gadget à quelques testeurs lors de l'ICT Spring Europe. «L'essentiel» en faisait partie.

Une quinzaine de privilégiés ont pu tester les prototypes des Google Glass vendredi dernier à l’occasion de l’ICT Spring Europe 2014, qui se déroulait au Kirchberg. Des lunettes qui suscitent autant de fantasmes que d’interrogations, dans le camp des partisans comme des détracteurs. Alain Regnier, «Glass Explorer», était présent pour répondre aux questions de L’essentiel, qui a testé les lunettes connectées de la firme américaine.

Les montures présentées, sans verres, sont très légères: 40 grammes à peine, avec une batterie très discrète sur une branche, et le fameux «prisme» juste au-dessus de l’œil droit, dans un coin. Un miniécran à régler légèrement sur son pivot pour avoir une image parfaite. «Le champ de vision normal n’est pas affecté», détaille Alain Regnier. En effet, il suffit de détourner à peine son regard pour voir ce prisme de 640x360 pixels, l’équivalent de la résolution d’un petit smartphone. «Mais à cette distance de l’œil, ça parait beaucoup plus grand». L'œil n'ayant pas de mise au point à faire, la fatigue visuelle semble être réduite.

La batterie comme point noir

Nous avons pu découvrir un programme de test qui permettait de lire une vidéo. La vision n’était pas perturbée et la qualité de l’image est très agréable. Seul petit détail sur ces versions: la batterie chauffe allégrement sur la branche, et l’on s’en rend compte en retirant ses lunettes. «C’est en effet encore un problème du prototype, mais ça ne chauffe que lors de certaines activités comme la lecture de vidéos». L’essentiel a également pu chausser en exclusivité une nouvelle version, non présentée ce jour-là, avec une monture en titane et un design plus affuté. «Google passe des partenariats avec des opticiens pour donner la possibilité de monter des verres correcteurs sur des montures Google Glass». De quoi avoir une paire de lunettes de vue connectée. Sinon, il est toujours possible de les mettre par-dessus ses lunettes habituelles.

Les Google Glass sont une nouvelle forme de smartphone. Avec elles, on réalise plus ou moins les mêmes activités qu’avec son téléphone. Reliées en Bluetooth à un smartphone, elles utilisent donc la connectivité wi-fi ou 3G/4G de son abonnement téléphonique, à condition d’avoir un compte Google connecté. Le gadget est équipé «de série» par des programmes de la firme, comme la géolocalisation, Gmail, Google+, mais aussi d’un appareil photo, d'une caméra HD ou de la reconnaissance vocale, très performante lors de ce test. Pour lancer une commande, il suffit donc de dire «OK Glass» puis son ordre: appeler un contact, lancer une recherche Google, lui demander où on se situe actuellement, un itinéraire… À la manière des reconnaissances des téléphones comme le Siri de l’iPhone. Sinon, il est aussi possible de naviguer dans les menus en utilisant un touchpad sur la branche: glisser le doigt vers le bas pour revenir au menu, sur les côtés pour passer de page en page.

Afin d’éviter de consommer trop de batterie, les Glass se mettent en veille au bout de trois secondes. Il suffit de basculer la tête en arrière pour les réactiver. «C’est le point faible du modèle: l’autonomie est de six heures, qui tombe à deux heures lorsqu’on lit de la vidéo ou des photos». Quant à la «piratabilité» de l’objet, qui a été dévoilé récemment: «Ce n’est pas probant. Ces lunettes sont encore en prototype et le problème démontré est un problème du système Android, pas spécifique aux Google Glass», coupe le Glass Explorer. Idem pour les aspects de vie privée soulevés par les détracteurs du gadget. «Il y a une interdiction d’utiliser de la reconnaissance faciale, il n'y aura pas d'application (NDLR: officielle) permettant de le faire. Par contre, la caméra des lunettes pourra scanner des objets ou des monuments». Ce qui apportera de la réalité augmentée: en passant par exemple devant la Gelle Fra, la fiche Wikipédia s’affichera dans le coin de l’œil. Quant au son, pour les appels ou pour la lecture de vidéo, il passe par conduction osseuse. Un système déjà présent dans les casques de l’armée américaine ou pour soigner des déficients auditifs: le son est envoyé par onde dans l’os du crâne jusqu’à l’oreille interne, il est donc uniquement entendu par l’utilisateur.

Encore des questions à régler

En Grande-Bretagne, les cinémas ont déjà banni les Google Glass pour éviter le piratage. D’autres aménagements de lois ou interdictions pourront débarquer prochainement avec l’arrivée de ces lunettes. Actuellement, il est tout à fait possible de regarder une série télé en conduisant avec ces lunettes, qui ne sont pas encore interdites au volant. «En fait, la police interdit le téléphone car la main n’est pas sur le volant, mais on peut téléphoner avec une oreillette Bluetooth. Disons que les Google Glass sont une oreillette, ça marchera pareil». Pas sûr que les autorités l’entendront de cette oreille.

Sa sortie n’est pas encore officiellement annoncée mais prévue pour fin 2014 pour l’instant. «En l’état, elles peuvent sortir mais tout l’environnement d’applications autour du projet peut encore se développer», constate Alain Regnier. Comme d’autres privilégiés, sa société dispose encore de temps pour développer les premiers programmes qui seront sur le marché virtuel lors du lancement des lunettes au Luxembourg et dans la Grande Région. Lors de l’ICT Spring, de nombreuses entreprises étaient déjà intéressées par ces lunettes révolutionnaires. Sur la liste des testeurs, on trouvait la BIL, la BGL, Genii Capital ou encore le CRP-Santé. Les versions de développement actuellement en test valent 1 500 dollars. À terme, pour le grand public, elles ne devraient coûter que plusieurs centaines d’euros seulement.

Et quelques parodies...

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

Caractéristiques techniques

Vidéo HD 720p

Appareil photo 5 Mpx

Stockage 16 Go actuellement

Processeur de 2 Go de RAM actuellement

Résolution 640x360 pixels

Poids 36 grammes

Deux microphones

wi-fi et bluetooth

Alain Regnier

Fondateur d'Alto Labs, société de consulting et de développement à Paris, il y a six ans, Alain Regnier a travaillé dix ans dans la Silicon Valley. «Il y a deux ans, lors de la conférence Google I/O, je me suis inscrit au programme Glass Explorer». Un programme qui était réservé aux résidents américains. Grâce à son implantation américaine, il est devenu le premier français et l'un des 500 premiers développeurs officiels sur Google Glass.

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