COP27: «Nous devons faire pression pour des résultats ambitieux»

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COP27«Nous devons faire pression pour des résultats ambitieux»

LUXEMBOURG/CHARM EL-CHEIKH – La députée Jessie Thill explique son quotidien depuis son arrivée à la COP27, en Égypte.

par
Joseph Gaulier
Jessie Thill est en Égypte, à la COP27, jusqu'à samedi, en compagnie notamment de Paul Galles (à gauche), également député, et de Joëlle Welfring (à droite), ministre de l'Environnement.

Jessie Thill est en Égypte, à la COP27, jusqu'à samedi, en compagnie notamment de Paul Galles (à gauche), également député, et de Joëlle Welfring (à droite), ministre de l'Environnement.

Twitter / Jessie Thill

Depuis son arrivée à Charm el-Cheikh samedi dernier, la députée luxembourgeoise Jessie Thill participe à la COP27, tout comme son collègue Paul Galles. L’écologiste nous a accordé un entretien téléphonique depuis l’Égypte, afin de décrire les coulisses de cet événement.

Comment se déroule la COP27?

Jessie Thill: Ce matin, j’ai eu des problèmes, car je portais des pins promouvant les droits humains et défendant des activistes en prison. La sécurité égyptienne n’a pas voulu me laisser rentrer et a fouillé toutes mes affaires, pour savoir si je n’avais pas d’autres pins. Elle m’a finalement escortée vers la sécurité de l’ONU, qui a estimé que je pouvais porter les pins, mais que je n’avais pas le droit de les distribuer. Ils m’ont recommandé de ne pas les porter hors de la COP. Je ne peux même pas imaginer ce que vivent au quotidien les militants locaux, qui risquent jusqu’à 10 ans de prison pour des vidéos sur TikTok.

À quel point ces problèmes de droits humains gênent-ils le travail à la COP?

Je n’ai pas l’impression que la situation des droits de l’Homme m’empêche de faire mon travail ici. En revanche, l’implication de la société civile est limitée. Ma présence ici me permet de rencontrer ces activistes. Certains ont été contraints de venir sous le nom d’une autre ONG, car avec la leur, ce n’était pas possible.

Que faites-vous concrètement depuis votre arrivée en Égypte?

Dimanche, il y avait la journée interparlementaire. J’ai échangé avec des élus du monde entier, nous avons parlé des différents travaux dans nos parlements, de la manière dont nous pouvons jouer un rôle sur le climat. C’était très intéressant d’échanger avec des gens confrontés à différentes réalités. Il y a par exemple des îles du Pacifique qui risquent d’être submergées. J’ai aussi eu la chance de rencontrer d'autres jeunes élus du monde entier, c’était enrichissant.

Quel est le rôle d’un parlementaire à la COP27?

Nous pouvons écouter les négociations. Notre rôle est d’observer et de contrôler ce que fait le gouvernement pendant cet événement. En tant que physicienne de l’environnement, je trouve cela très intéressant de voir comment cela se passe et d’entendre les experts. Nous avons le privilège d’assister à cela, même si nous ne pouvons pas intervenir, ce qui est normal.

Ces grands événements sont-ils constructifs?

Oui, et cela permet de créer des liens entre des gens qui ne se seraient jamais rencontrés autrement. La crise climatique est une crise globale, qui a besoin de solutions globales, donc de coopération globale. La COP peut permettre cela. J’ai aussi participé aux événements en marge de la COP, avec des tables rondes notamment.

Editpress/Hervé Montaigu

Les échanges changent-ils votre vision du changement climatique?

Nous connaissons chez nous l’été qui a été très chaud et les inondations de 2021. Ce qui était grave, mais au moins nous avons les moyens de reconstruire et prendre des mesures. D’autres n’ont cependant pas ces moyens et risquent tout simplement de disparaître. C’est une tout autre réalité, donc c’est important d’en entendre parler et de faire pression pour avoir des résultats plus ambitieux à cette COP et que le but de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C soit retenu.

Le Luxembourg est-il vu comme un bon élève lors des échanges internationaux?

Par rapport au «loss and damages» (financement des pertes et préjudices liés au changement climatique), nous sommes plutôt un bon élève. Nous sommes parmi ceux qui donnent le plus d’argent par habitant. Le Luxembourg est engagé via l’UE, qui négocie, et joue un rôle de facilitateur.

Cela vous donne-t-il envie de participer à d’autres COP?

Je ne sais pas si je reviendrai l’an prochain, car il y a les élections entre-t-iltemps! Je trouve ces échanges intéressants, donc bien sûr que cela m’intéresserait d’y participer de nouveau. Même si en 2023, ce sera encore pire pour les droits de l’Homme (aux Émirats arabes unis).

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