Thierry Nothum – «Nous devons tirer des leçons de ces faillites»
Publié

Thierry Nothum«Nous devons tirer des leçons de ces faillites»

LUXEMBOURG - La fermeture de plusieurs magasins dans la capitale n'est pas sans conséquence. Thierry Nothum, directeur de la confédération luxembourgeoise du commerce (clc), s'explique.

L'essentiel Online: Les conséquences de la faillite de 15 sociétés appartenant à deux hommes d'affaires français sur le personnel et le nombre de magasins concernés sont encore méconnues. Avez-vous une vision claire de la situation?

Thierry Nothum, directeur de la clc: Il est encore trop tôt pour connaître à la fois l'impact concret de ces faillites et de déterminer la question de l'insolvabilité. La complexité tient notamment au fait de faire la distinction entre les structures qui opéraient en tant que franchise, celles qui étaient exploitées directement par les groupes et voir quelles sont les créances de chacune d'entre elles.

Quel rôle peut jouer la clc, en tant que représentant des commerçants, dans ces faillites?

À court terme, nous voulons aider. Cela peut se traduire par exemple par une mise en contact de nos membres qui cherchent des employés avec les personnels concernés. Nous prendrons également contact avec les entreprises et les marques qui pourraient être intéressés par la reprise de certaines enseignes pour qu'elles puissent continuer à fonctionner. Dans un deuxième temps, nous devons analyser la situation de manière critique et faire des propositions pour trouver des réponses politiques. Le monde du commerce a subi une lourde perte et nous devons en tirer les leçons.

Il semble que l'une des raisons de ces faillites tient dans le montant des loyers payés par les deux hommes d'affaires. Luxembourg-Ville a-t-elle, selon vous, un problème de loyer?

Le montant des loyers n'a, dans ce dossier, pas beaucoup changé. Par conséquent, la législation en vigueur sur les loyers n'évitera pas des cas similaires dans le futur. La situation locative est problématique dans certains cas et, bien sûr, cela nous préoccupe. Mais en général, le loyer n'est pas le plus gros problème. Et je doute que nous ayons besoin d'une loi pour corriger des dérapages partiels.

Cet aspect indique que personne n'avait remarqué les difficultés de ces deux associés. Des contrôles auraient-ils permis d'éviter cette situation?

Il pouvait y avoir plusieurs clignotants, plusieurs signes avant-coureurs. Les employés de la Sécurité sociale auraient pu remarquer d'éventuels problèmes de paiement des employés. Tout comme l'administration fiscale qui contrôle les impôts sur les salaires et la TVA ou le registre du commerce qui vérifie les comptes des sociétés, mais une seule fois par an. Les banquiers ou les fournisseurs auraient aussi pu donner le signal d'alarme… Le problème tient au fait qu'il n'existe pas d'organisme où recueillir et transmettre ces informations. Il faudrait que cela fasse partie des discussions dans le cadre du projet de loi sur les faillites. Dans le cas présent, je me demande si ce n'est pas une faillite organisée.

Les rumeurs sur la situation des deux hommes d'affaires circulaient depuis des mois. La clc n'a pas non plus remarqué les signes avant-coureurs?

Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu à faire avec eux. Ils ont pris leurs distances vis-à-vis des organisations commerçantes. Tout le monde connaissait un bout de la vérité, mais personne n'a combiné ces informations. Même si ces rumeurs s’avéraient fausses, on a besoin d’une instance auprès d’une administration qui les prend en considération. En tant qu'association commerciale, la clc ne peut pas endosser un tel rôle car nous devons rester impartial. Mais la clc pourrait jouer un rôle d'expert ou de fournisseur d'informations.

Propos recueillis par Sarah Brock/L'essentiel Online

Ton opinion